Quelque 32.300 personnes ont manifesté samedi dans toute la France dont 10.000 à Paris, à l'occasion de l'acte 18 des "gilets jaunes", selon des chiffres du ministère de l'Intérieur régulièrement contestés par les participants. Cet acte 18 a été marqué par un très net regain des violences dans la capitale et une légère hausse de la participation dans l'ensemble du pays puisque l'acte 17 avait mobilisé 28.600 personnes dont 3.000 à Paris.

De premiers heurts ont éclaté samedi sur l'avenue des Champs Elysées à Paris, quadrillée par les forces de l'ordre, lors de la 18e journée de manifestation des "gilets jaunes", en révolte depuis quatre mois contre la politique fiscale et sociale du gouvernement français. Selon les images diffusées par les médias, des manifestants ont tenté d'attaquer un camion de gendarmerie tandis que d'autres érigeaient des barricades sur l'avenue, où des milliers de "gilets jaunes" ont commencé à se rassembler en début de matinée. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canon à eau pour disperser les manifestants, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quarante-quatre personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué à 12H30 par le préfecture de police de Paris.

Cette nouvelle journée de manifestations intervient à l'issue d'une multitude de débats organisés dans toute la France à l'initiative des autorités. Le gouvernement souhaitait ainsi canaliser la colère et faire émerger des propositions, alors que le nombre de manifestants est en baisse constante ces dernières semaines.


Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contestés par les "gilets jaunes", ils étaient 28.600 manifestants en France lors de la 17e journée de manifestation samedi dernier, soit 10 fois moins que les 282.000 du 17 novembre, au début du mouvement.

Pour prévenir les émeutes urbaines et déprédations qui ont émaillé plusieurs manifestations et dont les images ont fait le tour du monde, un dispositif policier resserré a été mis en place.

Quelque 5.000 hommes et six véhicules blindés de la gendarmerie sont mobilisés dans la capitale où sont également prévues plusieurs autres manifestations, notamment une "Marche du siècle" pour le climat.

Des manifestations de "gilets jaunes" sont aussi prévues en province, de Bordeaux (sud-ouest) à Lyon (centre-est) en passant par Montpellier (sud).

Des magasins pillés

Des casseurs ont pillé samedi des boutiques sur les Champs-Elysées lors de l'acte 18 de la mobilisation des "gilets jaunes", marqué par un regain de violence, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur la célèbre avenue de la capitale où ont convergé des milliers de "gilets jaunes", plusieurs barricades étaient en feu autour de midi. Tandis que des groupes, scandant des slogans anticapitalistes et anti-policiers, s'attaquaient aux magasins (Hugo Boss, Lacoste, Nespresso...) et aux restaurants.

Aux alentours de 17H00 le Fouquet's, restaurant huppé qui avait déjà été pillé dans la matinée, a vu son auvent brièvement incendié et des feux ont débuté devant les boutiques Longchamp et Foot Locker ainsi que le restaurant Léon de Bruxelles, aux cris de "révolution!".


Sur la place de l'Etoile, des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche sur la tête, masque de protection, ont lancé des pavés sur les forces de l'ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes.

Ces scènes de pillage et d'affrontements, qui rappellent celles des journées de mobilisation du 24 novembre et début décembre, n'avaient plus eu lieu depuis plusieurs week-end dans la capitale.


Un important incendie près des Champs-Elysées fait 11 blessés légers

Un important incendie s'est déclaré dans un immeuble qui a dû être évacué boulevard Roosevelt, près des Champs-Elysées, faisant 11 blessés légers samedi en marge de l'acte 18 de la mobilisation des "gilets jaunes", a appris l'AFP auprès des pompiers. "Deux personnes ont été sauvées des flammes. Une femme et son bébé étaient coincés au deuxième étage", ont indiqué les pompiers. Le feu est parti d'une banque, au rez-de-chaussée. Le quartier a été bouclé et l'incendie maîtrisé peu avant 14H00, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon un bilan provisoire, l'incendie a fait 11 blessés légers, parmi lesquels deux policiers, selon les pompiers, qui ont mobilisé dix engins.


"Les pompiers de Paris et nos forces de l'ordre viennent de procéder à l'évacuation de tous les habitants d'un immeuble, délibérément incendié. Le feu est maîtrisé. Les individus qui ont commis cet acte ne sont ni des manifestants, ni des casseurs: ce sont des assassins", a dénoncé sur twitter le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

"La situation demeure extrêmement compliquée au niveau du bas des Champs-Élysées. De nombreux individus ont commis des dégradations et pillages dans le secteur", a indiqué la préfecture de police de Paris.

Castaner dénonce "des professionnels de la casse", promet "la plus grande fermeté"

Christophe Castaner a dénoncé samedi, l'action de "professionnels de la casse et du désordre" et a demandé au préfet de police d'y répondre "avec la plus grande fermeté" à Paris où des affrontements violents se déroulent place de l'Etoile, à l'occasion de l'acte 18 des "gilets jaunes".

"Aucun doute permis: ils appellent à la violence et sont là pour semer le chaos à Paris. Des professionnels de la casse et du désordre équipés et masqués ont infiltré les cortèges. Ma consigne au @prefpolice : répondre avec la plus grande fermeté à ces attaques inadmissibles", a tweeté le ministre de l'Intérieur.

"Il y a 7 à 8.000 manifestants à Paris, ce qui en fait une petite manifestation. (...) Au sein de ces manifestants, il y a plus de 1.500 ultra-violents qui sont venus pour casser, pour en découdre, pour attaquer. Dès ce matin très tôt, ils l'ont fait en voulant prendre d'assaut l'Arc de Triomphe, sûrement fiers qu'ils sont des saccages qu'ils avaient déjà commis le 1er décembre", a déclaré le ministre de l'Intérieur lors d'une visite à la préfecture de police de Paris.