Le Premier ministre David Cameron a donné vendredi un fort signal de sa volonté de continuité en reconduisant dans leurs fonctions les quatre principaux ministres de sa précédente équipe, dans la foulée de sa réélection pour un second mandat.

George Osborne, Theresa May, Philip Hammond et Michael Fallon, quatre poids lourds du cabinet, ont été confirmés respectivement à leurs postes de ministre des Finances, de ministre de l'Intérieur, de ministre des Affaires étrangères et de ministre de la Défense.

Le chancelier de l'Échiquier George Osborne a par ailleurs été gratifié du titre de +First Secretary of State+ (premier secrétaire d'Etat) qui désigne traditionnellement le numéro deux du gouvernement, par David Cameron, qui a fait toutes ces annonces sur son compte Twitter.

Dans son précédent gouvernement, le numéro deux était le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg dont le parti s'est effondré lors du scrutin de jeudi.

M. Cameron, qui a décroché une majorité absolue de 331 sièges à la Chambre des Communes (voir ci-dessous), a annoncé son intention de constituer une équipe 100% conservateurs après cinq ans de coalition avec les Lib-dems.

Il a précisé ne pas compter annoncer d'autres noms vendredi soir.

Après sa réélection, David Cameron a indiqué qu'il poursuivrait sa politique d'austérité pour remettre à l'équilibre les finances publiques du pays.

George Osborne et Theresa May ont été tous deux cités par M. Cameron comme des successeurs potentiels, alors qu'il n'entend pas briguer de troisième mandat. Il avait également donné comme troisième possibilité le nom de Boris Johnson, le maire de Londres, élu député jeudi.


Majorité conservatrice de 331 sièges, le Labour loin derrière

Le parti conservateur de David Cameron a remporté 331 sièges aux élections législatives britanniques, s'assurant la majorité absolue au Parlement, loin devant le Labour qui a subi une cuisante défaite en Écosse au profit des nationalistes.

En nombre de voix, le Parti conservateur n'améliore sa performance que de 0,8%, captant 36,9% des votes exprimés ou 11,33 millions de voix. Mais il gagne 24 députés, ce qui lui permet de dépasser la barre des 326 députés, la majorité absolue à la Chambre des Communes.

L'autre grand gagnant du scrutin est le parti national écossais (SNP), qui arrache 56 des 59 circonscriptions que compte l'Écosse. Au niveau national, le SNP ne représente toutefois que 4,8% des voix.

Le parti travailliste obtient de son côté 232 sièges, 26 de moins que dans le précédent Parlement, tout particulièrement à cause de sa défaite en Écosse, qui était historiquement l'un de ses fiefs.

Le parti libéral-démocrate, qui a gouverné en coalition avec les Conservateurs ces cinq derniers années, s'est pris une véritable raclée, passant de 56 à huit députés.

Même s'il a récolté près de quatre millions de votes, le parti europhobe et populiste Ukip n'obtient qu'un seul élu à Westminster, pâtissant du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Du côté des Verts, un seul député également: Caroline Lucas, réélue à Brighton (sud de l'Angleterre). Au Pays-de-Galles, les nationalistes gallois du Plaid Cymru conservent leurs trois sièges à Westminster. En Irlande du Nord, les unionistes du DUP (droite) remportent huit sièges, deux fois plus que le Sinn Fein, qui a toujours refusé de siéger au Parlement. La participation à ces élections législatives s'est établie à 66,1%, soit légèrement plus qu'en 2010.