La crise fait chuter la natalité

A la maternité athénienne Lito, beaucoup de lits restent vides, attestant du déficit croissant des naissances dans un pays frappé par une grave crise économique. "Les allocations ont été coupées, le coût de la vie est monté en flèche, les salaires sont à la baisse et il y a une grande incertitude", détaille Leonidas Papadopoulos, qui dirige cette clinique privée, une des grandes maternités de la capitale. "Les couples y réfléchissent désormais à deux fois, même pour un premier enfant." Les naissances ont déjà reculé de 118 000 en 2008 à 101 000 en 2012, note cet obstétricien, déplorant qu’"à ce rythme, la Grèce va se réduire à vue d’œil en quelques années". Selon l’Agence statistique grecque, Elstat, le pays souffre d’un déficit démographique au moins aussi grave que celui creusant ses comptes publics : le taux de fertilité est passé de 2,33 enfants par femme en 1975 à 1,4 en 2011, alors qu’un taux de 2,07 est nécessaire pour assurer le renouvellement de la population. Cela pourrait ramener à 9,7 millions la population grecque en 2050, contre 11,29 millions en 2012, selon les projections d’Elstat.

Le Médiateur grec du citoyen vient de tirer la sonnette d’alarme contre l’impact de la crise sur les droits des mères. "Les femmes enceintes ou concluant leurs congés maternité sont exposées à un risque accru de chômage ou d’emploi précaire [ ] dans beaucoup de cas, elles acceptent des violations de leurs droits pour garder leur emploi", relève son dernier rapport annuel. En Grèce, comme dans de nombreux autres pays, "avoir des enfants risque de nuire aux perspectives salariales et à la carrière d’une femme". (AFP)