Le gouvernement grec a obtenu dans la nuit de mardi à mercredi la confiance du Parlement, prélude au lancement d'un nouveau plan d'austérité, faisant le plein des voix socialistes, 155 sur 300, selon le président du parlement. Tous les députés présents de l'opposition, 143 ont voté contre. Le Premier ministre Georges Papandréou avait brigué la confiance pour resserrer les rangs de sa majorité en vue du vote d'ici le 30 juin d'un nouveau plan d'austérité et de privatisations, crucial pour la survie financière du pays.

"Je demande la confiance pour continuer à faire face à la crise et aux déficits, éviter la faillite et garantir le maintien de la Grèce dans le noyau dur de l'euro" a-t-il lancé concluant trois jours de débat parlementaire avant le vote.

"Ce vote est un contrat avec le peuple grec", engageant le gouvernement à "mettre toutes ses forces pour sortir de la crise (...) il y a une perspective, une voie tracée, nous avons le soutien et l'aide de la communauté internationale et de l'Union européenne avec un prêt mammouth", a-t-il ajouté.

L'euro se replie très légèrement après le vote de confiance en Grèce

L'euro se repliait très légèrement mardi après que le parlement grec eut accordé sa confiance au gouvernement de Georges Papandréou, comme l'anticipaient les marchés.

Vers 22H00 GMT, l'euro valait 1,4393 dollar contre 1,4408 dollar une heure plus tôt, après être brièvement monté à 1,4432 dollar à l'annonce du résultat. La monnaie unique avait nettement progressé mardi, passant de 1,43 à 1,44 dollar, alors que les marchés pariaient sur une issue positive de ce vote qui marque un premier pas en vue de l'adoption d'un plan de rigueur exigé par l'Union européenne et le FMI pour débloquer de nouveaux fonds pour Athènes.

Le ministre des Finances pour un effort national de rigueur en Grèce

Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos a plaidé mardi soir au Parlement pour un effort national de rigueur et de croissance "harmonisé" avec les demandes des créanciers du pays "mais visant à de meilleurs résultats". "Nous avons besoin d'un plan parallèle de restructuration" du pays "dont les objectifs seront harmonisés avec le programme budgétaire pluri-annuel", le nouveau plan d'austérité dicté au pays par l'UE et le FMI "mais nous permettant de meilleurs résultats en matière budgétaire, de croissance et de justice sociale", a-t-il affirmé lors du débat sur le vote de confiance réclamé par le gouvernement socialiste. "Le premier point concerne une baisse plus importante et plus rapide des dépenses fonctionnelles de l'Etat que celles prévues, puis il faut une réforme radicale et immédiate de la fiscalité, et des mesures de croissance", a ajouté le ministre, propulsé à son poste lors du remaniement de la semaine dernière. M. Vénizélos a par ailleurs réitéré l'engagement du gouvernement à faire voter avant le 30 juin au parlement le programme économique courant jusqu'en 2015, comme la zone euro l'a exigé lundi en conditionnant à cette avancée législative le déblocage d'une nouvelle tranche, vitale pour le pays, du prêt UE-FMI de 110 milliards accordé en mai 2010.