Elles ont beau avoir des idées totalement différentes, Hillary Clinton et Melania Trump ont au moins un point commun : elles subissent toutes les deux des attaques dégradantes de la part de leurs détracteurs. Retour sur le pire de la campagne présidentielle.


Un merchandising nauséabond visant Hillary Clinton

Depuis la fin des années 90, Hillary Clinton est la victime collatérale de l'affaire Monica Lewinski. Cette dernière, alors stagiaire à la Maison blanche, entretient une relation avec le mari d'Hillary, Bill Clinton, qui occupe le poste de président des Etats-Unis. Alors qu'il est sous serment, il affirme "ne pas avoir eu de relations sexuelles avec cette femme". Or, des conversations entre Monica Lewinski et l'une de ses amis à qui elle racontait sa relation avec Bill Clinton laissent peu de doutes sur la question. Le président change alors de version en déclarant avoir reçu des fellations qui n'étaient donc "pas à proprement parler des relations sexuelles". Durant des mois, cette affaire fait les choux gras des médias. Hillary Clinton, imperturbable, reste aux côtés de son mari et lui réaffirme publiquement son soutien. Pourtant, aujourd'hui, celle qui concourt comme candidate démocrate à la présidence des Etats-Unis paie encore et toujours pour les agissements de son mari.

Sur Etsy (l'équivalent d'eBay aux Etats-Unis), l'on peut facilement trouver des badges anti-Clinton aux couleurs de Monica Lewinski, explique The Telegraph. "Vote Monica 2016. 'I got the "job" done, when Hillary couldn't". "Votez Monica en 2016. J'ai fait le job (ndlr : référence à "blowjob" qui veut dire fellation en anglais) quand Hillary ne pouvait pas". Une phrase que Monica Lewinski n'a évidemment jamais prononcée mais qui orne aujourd'hui de nombreux pins portés par les opposants les plus beaufs de la démocrate. Le plus surprenant est que ces badges ont été mis en vente par une femme qui soutient fermement Hillary Clinton. Celle-ci affirme au Time qu'elle ne fait ça que pour l'argent car "beaucoup de gens l'achètent".

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Une autre preuve de mauvais goût? Ces t-shirts où trône une fois de plus la photo de Monica Lewinski qui, cette fois, livre un conseil fictif à Hillary : "Good Luck Hillary, don't blow it" que l'on peut traduire par "Ne te rate pas Hillary" avec, une fois de plus, une allusion au terme "blowjob".

Un jeu de mot qui fait sans doute beaucoup rire les vendeurs de ces badges puisqu'il existe en de multiples variantes. Par exemple : "Hillary Clinton va descendre encore plus vite que le pantalon de Bill" ou "Hillary sucks but not like Monica" (jeu de mot basé sur la double interprétation du mot "sucks" qui veut à la fois dire "craindre" et "faire une fellation").


Si vous pensiez que ces ingénieux détracteurs ne pouvaient pas tomber plus bas, c'est raté. Il existe en effet un badge qui s'attaque directement au physique de la potentielle future présidente : "Menu KFC spécial Hillary : deux grosses cuisses, deux petits seins". Citons finalement ce slogan "Trump that bitch" où elle est carrément traitée de salope.



Melania Trump pas non plus épargnée

Les opposants à Donald Trump pourraient tout simplement attaquer sa femme, Melania, sur son discours prononcé à la convention républicaine de Cleveland qui s'est avéré être un plagiat de celui de Michelle Obama, mais il semblerait qu'il soit plus amusant de proférer des attaques sexistes à son encontre. Une analyse de Vocativ, une entreprise d'étude médiatique, dévoile que juste après son discours plus de 146.000 tweets associaient les mots "whore", "tramp" ou "bimbo" à Melania Trump. Donald Trump avait lui-même traité la journaliste de Fox News, Megyn Kelly, de bimbo avant de finir par s'excuser. Mais peut-on blâmer Melania Trump pour les agissements de son mari? La réponse est clairement non !

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Dans un autre registre, le New York Post a récemment publié en Une d'anciens clichés dénudés de Melania avec une autre femme accompagnés du titre "Menage a Trump".

Lorsqu'elle était plus jeune, Melania Trump était en effet une mannequin internationale qui a donc, par définition, réalisé beaucoup de photoshoots dénudés ou en petite tenue. Un fait loin d'être exceptionnel pour une mannequin, peut-être plus pour une potentielle future première dame, mais était-ce vraiment nécessaire de ressortir des photos publiées il y a tout juste vingt ans dans le magazine français Max? Comme pour le merchandising anti-Hillary Clinton, cette initiative émane encore une fois d'un soutien. Le tabloïd n'a en effet jamais tari d'éloges pour Trump. Cela ne l'a manifestement pas empêché de fouiller dans le passé de Melania Trump uniquement dans un but pécuniaire. Des photos qui ont aussitôt été reprises par les opposants à Trump pour étayer le fait que, selon eux, Melania Trump ne peut pas être une bonne première dame après avoir posé de cette manière.