Fidèle à une promesse de campagne, le président français François Hollande est revenu jeudi sur le site sidérurgique de Florange (nord-est), promettant l'installation d'un centre de recherches, mais se faisant siffler par les salariés d'ArcelorMittal, cinq mois après la fermeture des hauts fourneaux, considérée comme une "trahison".

La visite s'annonçait délicate: dès l'entrée du site, quelques dizaines de salariés brandissant des drapeaux des deux principaux syndicats français, la CGT et la CFDT, ont hué et sifflé la voiture du chef de l'Etat.

Devant le bureau de l'entreprise, des salariés ont manifesté leur amertume devant la venue du président socialiste, qui les avait reçus en grande pompe au palais de l'Elysée en juin 2012.

"C'est une trahison, il nous a trahis. A la limite j'aurais préféré qu'il nous mente et qu'il ne vienne pas", a lancé Pascal Olivarez, syndiqué à la CFDT.

"Il a du courage, il revient sur les lieux du crime", a tout de même reconnu Jean Mangin, du syndicat FO.

"Si M. Hollande vient uniquement nous redire ce qu'on sait déjà et serrer des mains, ça n'a aucun intérêt. Si c'est uniquement pour honorer sa promesse de revenir, ça ne suffit pas et ça risque de se retourner contre lui. On n'est pas dans un show médiatique", a prévenu Edouard Martin, le charismatique leader local de la CFDT, avant la visite présidentielle suivie par quelque 120 journalistes.