François Hollande sera le premier chef d'Etat de la Cinquième République à se rendre en visite d'Etat aux Etats-Unis, la semaine prochaine, sans prononcer de discours devant le Congrès américain.

De source officielle française, on explique que "le discours au Congrès n'est pas forcément partie intégrante d'une visite d'Etat". "L'option a été envisagée. En accord avec les autorités américaines qui ont fait d'autres propositions, elle n'a pas été retenue, pour des raisons d'incompatibilité d'agenda", ajoute-t-on de même source.

La visite de M. Hollande à Washington sera la sixième visite d'Etat d'un président français depuis 1958, après Charles de Gaulle (1960), Georges Pompidou (1970), Valéry Giscard d'Estaing (1976), François Mitterrand (1984) et Jacques Chirac (1996).

Tous avaient prononcé un discours devant les deux chambres du Congrès réunies conjointement dans l'hémicycle de la Chambre des représentants, un des moments les plus solennels de chaque visite, où parlementaires et autres dignitaires applaudissent le dirigeant étranger.

Le bureau du président de la Chambre John Boehner n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur la question.

Nicolas Sarkozy, en 2007, s'était rendu à Washington pour une visite de travail, un cran protocolaire inférieur à celui d'une visite d'Etat. Mais il avait symboliquement tenu à marquer l'amélioration des liens entre France et Etats-Unis, distendus à cause de la guerre d'Irak, en se déplaçant au Congrès pour un discours dans lequel il avait lancé aux élus américains: "la France est l'amie des Etats-Unis d'Amérique".

Depuis Nicolas Sarkozy en 2007, les dirigeants sud-coréens Park Geun-Hye et Lee Myung-bak, israélien Benjamin Netanyahu, australienne Julia Gillard, mexicain Felipe Calderon, allemande Angela Merkel, britannique Gordon Brown et irlandais Bertie Ahern ont prononcé des discours au Congrès, indique le site de l'historien de la Chambre des représentants.