International

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a jugé mardi "scandaleux" un arrêt des autorités européennes demandant à Budapest de réformer son système de réexamen des peines à perpétuité au nom du respect des droits de l'homme.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a jugé dans un arrêt publié mardi que la Hongrie avait violé plusieurs lois européennes interdisant les traitements "inhumains ou dégradants" en condamnant en 2009 un Hongrois "à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle".

Le Premier ministre hongrois a qualifié cet arrêt, non définitif, de "scandaleux" et déclaré que la Hongrie devait le rejeter.

"C'est l'ultime preuve qu'à Bruxelles et à Strasbourg, dans l'Union Européenne, les droits des criminels passent avant ceux des victimes et des innocents", a ajouté le Premier ministre hongrois lors d'un meeting de campagne pour les élections européennes à Kormend (ouest).

"Nous devons défendre cette institution de la réclusion à perpétuité, qui est un important moyen de dissuasion pour les criminels et les criminels potentiels", a-t-il défendu.

"Il faudrait que la Hongrie réforme son système de réexamen des peines à perpétuité", est-il annoncé dans le communiqué de la CEDH, afin d'examiner cas par cas si "le maintien en détention se justifie par des motifs légitimes" et de permettre aux détenus "de prévoir ce qu'il faut faire" pour bénéficier d'une libération.

Selon l'ONG hongroise Hungarian Helsinki Committee, militant pour les droits de l'Homme, la Cour constitutionnelle du pays devrait légiférer en ligne avec les recommandations de la CEDH.

Actuellement en Hongrie trente-trois détenus condamnés à la réclusion à perpétuité ne disposent d'aucun recours pour faire appel de leur sentence, d'après l'agence de presse nationale MTI.