L’agence russe d’information Ria Novosti proposait ce lundi aux journalistes russes et internationaux de revenir avec différents experts sur le scrutin du 4 mars. Scrutin qui a replacé Vladimir Poutine au poste de Président : plus de 63% au premier tour, l’ancien agent du KGB est élu dès le premier tour. Une claque pour les opposants, soutenus depuis le mois de décembre, par de nombreuses manifestations citoyennes réclamant un scrutin « honnête ». Les hommes du Président estiment que ce fut le cas. « Nos impressions sont assez bonnes » explique l’un des observateurs internationaux, venu de Pologne pour l’occasion. « Je ne peux rapporter qu’une violation, que je n’ai pas vue mais qui a été amenée à ma connaissance. Un bureau de vote a refusé la présence d’observateurs dans le district de Veninski. Toutefois, je pense qu’aucun pays au monde ne peut se prévaloir d’élections sans aucune fraude. Je ne peux parler que de ce que j’ai vu de mes yeux mais je ne pense pas qu’on puisse dire que cette élection fut différente des processus électoraux dans les autres pays démocratiques ».

Nicolaï Mironov, avocat à Saint-Petersbourg et observateur, abonde dans le même sens. « Certaines violations ont été observées mais ce sont des cas individuels qui n’ont aucun impact sur l’honnêteté de l’élection. Il n’y a pas eu de fraude massive et systématique. Poutine n’a pas volé sa victoire. »

Un avis également partagé par Stanislav Alexandrov, qui a observé le déroulé de la journée du 4 mars dans un bureau du Tatarstan. « Une vieille femme a placé son passeport dans l’urne en lieu et place de son bulletin de vote » explique-t-il tout sourire. Une anecdote pour démontrer à quel point l’appareil d’Etat estime que ces élections sont honnêtes. « Les plus pures de ces 20 dernières années » déclare même Gregory Trofimchouk, vice-président du Centre russe pour la modélisation du développement stratégique.

Tribune ouverte, donc, pour les représentants pro-Poutine qui se penchent déjà sur l’avenir et s’interrogent sur les premières réformes qui seront mises sur pied. Exit, dans quelques heures, les débats sur les fraudes supposées, alors même que le rapport de l’OSCE (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) n’est attendu que ce lundi en fin de journée.

L'opposition dénonce, de son côté, des fraudes importantes tandis que l’ancien Premier ministre belge et actuel président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Guy Verhofstadt, se rendra ce lundi dans la capitale russe à l’invitation de deux mouvements d’opposition : "Il ne peut pas y avoir de 'business as usual' avec un pays qui ne respecte pas les principes démocratique de base", a-t-il déclaré.

« Le pays veut maintenant que Poutine mette sur pied ce qu’il a promis » exhorte Gregory Trofimchouk. « Il n’y a plus de temps à perdre. Maintenant que les résultats sont validés, les partis d’opposition n’ont plus le droit de crier à la fraude et de dénoncer des élections illégitimes. Il faut avancer ». Et de conclure : « Je conseillerais au régime de ne pas répondre aux critiques de l’opposition. De toute façon, ils n’ont rien à proposer, rien à offrir. »