Les sites d’information en ligne faisaient des gorges chaudes, vendredi, d’un incident, à dire vrai peu banal, survenu dans un temple hindouiste de l’île indonésienne de Bali : un couple de touristes estoniens y a été surpris en train de faire l’amour. Le sanctuaire, situé dans la localité de Banjar Saraseda, était en réfection et ce sont des inspecteurs venus examiner l’état d’avancement des travaux qui ont découvert, si l’on ose dire, le pot aux roses, et alerté la police.

Les tourtereaux ont été brièvement interrogés, avant d’être relâchés. "Ils nous ont dit qu’ils ne savaient vraiment pas qu’il était interdit de faire l’amour dans les temples à Bali", a expliqué le responsable de la police locale. On se met effectivement à leur place : c’est bien connu que les lieux de culte sont faits pour s’accoupler, et de préférence en public, alors pourquoi pas dans cette île paradisiaque ? On est tout de même contents pour eux qu’ils n’aient pas choisi une église ou une mosquée pour s’ébattre aussi joyeusement. La suite aurait pu se révéler plus désagréable.

La police indonésienne s’est en effet contentée de confier le règlement de l’affaire aux édiles du village, qui ont laissé partir les gais lurons moyennant paiement d’une amende de vingt millions de roupies (environ 1600 euros). Cet argent, ont-ils très sérieusement précisé, permettra de financer une cérémonie destinée à "purifier" le temple ainsi souillé.

Compte tenu du pouvoir d’achat local, cela fait cher la fornication dans un cadre exotique et sacré, mais il faut dire que les Estoniens ont aussi avoué avoir utilisé la douche rituelle du temple, avant de passer à l’acte, ce qui, apparemment, était plus grave.

De toute façon, les autorités de Saraseda ne manquent pas d’idées pour épuiser cette recette inattendue. Elles songent à accrocher désormais, à côté des habituels "défense de manger, de fumer et de prendre des photos", des panneaux avertissant les visiteurs qu’il leur est interdit de se livrer à des jeux sexuels. La mise en garde n’est peut-être pas aussi inutile qu’il y paraît car il n’y a pas que des Estoniens pour se méprendre sur le sens des lingams et des yonis qui ornent les temples hindouistes.

Par Philippe Paquet