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Les Etats-Unis et l'Inde sont parvenus à mettre un terme à la mini-crise diplomatique déclenchée par l'arrestation et la fouille au corps d'une diplomate indienne le mois dernier à New York, la jeune femme étant rapatriée dans la foulée de son inculpation.

Cet accord met fin à plusieurs semaines de tensions qui ont envenimé les relations entre les deux pays et pourrait laisser des traces chez chacun des deux alliés.


Une guéguerre diplomatique

Faut-il priver les Américains de leur hamburger et de leur bière pour faire pression sur eux ? Oui, semblent penser les autorités indiennes. Mercredi, elles ont intimé à l’ambassade américaine à New Delhi de fermer le club américain d’ici au 16 janvier.

Géré par l’American Community Support Association, c’est un endroit prisé des diplomates. Situé dans le périmètre de l’ambassade, il abrite un restaurant, une salle de gym, une piscine, des terrains de tennis.

Sa fermeture est la dernière mesure de rétorsion prise par l’Inde depuis trois semaines. La cause de ce courroux ? L’arrestation d’une diplomate indienne - voir informations ci-contre, NdlR - employée au consulat de New York, le 12 décembre. La jeune femme de 37 ans, Devyani Khobragade, aurait engagé une baby-sitter indienne à temps plein pour un salaire de 30 000 roupies par mois (environ 460 euros à l’époque), sans congés ni week-ends.

Pour un procureur de New York, le contrat de travail ne respectait pas la législation américaine. Il soupçonne également la diplomate d’avoir menti lorsqu’elle a déposé une demande de visa pour sa femme de ménage, en déclarant qu’elle verserait le salaire minimum légal, soit plus de 4 000 dollars.

La détention de Devyani Khobragade a provoqué des cris d’orfraie dans la classe politique et les médias. Le père de la jeune femme est monté au créneau pour défendre sa fille.


Convention de Vienne

De son côté, le ministère indien des Affaires étrangères a immédiatement réagi, invoquant la Convention de Vienne. Ce texte garantit l’immunité aux diplomates en poste à l’étranger. Les autorités américaines ont rétorqué que la convention ne couvrait pas les diplomates en dehors de leurs fonctions.

Ironie de l’histoire, peu après l’interpellation, les autorités indiennes ont travaillé pour accorder un statut diplomatique à tous les employés de maison embauchés par des diplomates indiens. La mesure doit placer ce personnel sous la loi indienne. De quoi éviter que d’autres diplomates qui exploiteraient leur femme de ménage ne soient arrêtés à leur tour.

La colère du gouvernement indien n’a pas suffi à faire plier le procureur new-yorkais. Humilié, New Delhi a donc décidé de punir les diplomates américains. La police a d’abord retiré les blocs de béton qui protégeaient les murs d’enceinte de l’ambassade contre les voitures éventuellement utilisées pour des attentats-suicides.

Le gouvernement a ensuite informé les diplomates américains qu’ils ne bénéficiaient plus d’aucune immunité en cas d’infraction au code de la route. Décidées à leur rendre la vie infernale, les autorités vont enquêter sur l’école américaine où les enfants de diplomates sont scolarisés. Objectif : vérifier que les professeurs et le personnel administratif jouissent d’un contrat en bonne et due forme. Et trouver un prétexte pour fermer l’établissement…

La querelle témoigne du refroidissement des relations indo-américaines depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama. Les hommes d’affaires américains se plaignent du protectionnisme indien et des violations de brevets par l’industrie pharmaceutique indienne.