La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt a déclaré mercredi que la guérilla des Farc la considérait comme un "objectif militaire" en tant que "fugitive" après sa libération par l'armée il y a deux mois, ce qui retarde son retour en Colombie pour des raisons de sécurité.

"Les Farc ont expédié une série de communiqués dans lesquels ils disent que ceux qui ont été libérés sont des fugitifs et qu'ils nous considèrent comme un objectif militaire", a déclaré Mme Betancourt à la radio colombienne La W depuis New York où elle venait de recevoir le prix Prince des Asturies de la concorde 2008.

"C'est une immense douleur de ne pas pouvoir aller en Colombie, pendant tout ce temps, j'ai cherché le moyen de revenir et je ne parviens pas à obtenir les conditions de sécurité dont j'ai besoin", a-t-elle expliqué.

L'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle en Colombie avait été libérée, de même que 14 militaires et policiers otages des Farc, grâce à une opération de l'armée le 2 juillet après six ans de captivité. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) "ne pourront pas nous enlever à nouveau, mais ils peuvent commettre un attentat, c'est très facile", a-t-elle estimé.

Ingrid Betancourt qui s'était rendue à Paris dès le lendemain de sa libération, a expliqué qu'elle avait reçu "des recommandations des services de sécurité français" quant à un éventuel déplacement en Colombie.

Elle a dit attendre "qu'ils confirment une série de données pour savoir si je peux y aller en toute sécurité et pour que ma famille soit tranquille, car chaque fois que je parle d'aller en Colombie l'angoisse est très forte et je ne veux courir aucun risque, je ne me sens pas le droit de commettre une imprudence".