L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, accompagnée de sa famille, s'est recueillie samedi midi à la grotte de Lourdes devant plusieurs milliers de pèlerins, remerciant avec émotion la Vierge Marie, a constaté un journaliste de l'AFP. "Merci Marie, merci pour ma liberté, merci pour la vie", a déclaré au micro Ingrid Betancourt, aux côtés de Mgr Jacques Perrier, archevêque de Tarbes et de Lourdes. "Je te supplie ma Marie chérie, je t'aime tellement, prends soin de ceux qui sont restés derrière moi, ils ont besoin de toi, ils ont besoin de ta force, de ton espérance et de ta lumière", a-t-elle ajouté, un chapelet entre les doigts.

Arrivée samedi vers 12H15 à la grotte de Massabielle, elle a écouté la prière de l'Angelus, lue par Mgr Perrier, puis a récité avec les milliers de pèlerins rassemblés sous une pluie diluvienne le "Je vous salue Marie", fermant les yeux ou se tournant vers la statue de la Vierge placée à l'entrée du site. L'ex-otage, vêtue d'un pantalon blanc et d'un manteau bleu, ses longs cheveux noués en tresses, était accompagnée de sa mère, de sa soeur Astrid et de ses enfants, Mélanie et Lorenzo Delloye, qu'elle a serrés dans ses bras à plusieurs reprises.

L'énorme dispositif de sécurité a dû fendre la foule pour permettre à Mme Betancourt d'accéder à la grotte. Les pèlerins ont ensuite applaudi la Franco-Colombienne, certains l'embrassant même. Dans la matinée, Mme Betancourt a prié seule à la chapelle de l'Adoration, en face de la grotte où Bernadette Soubirous avait vu la Vierge à 18 reprises, du 11 février au 16 juillet 1858.

Les responsables des Sanctuaires avaient prévu, peu après l'arrivée de Mme Betancourt dans la cité mariale vendredi, sa participation à la traditionnelle procession aux flambeaux, dans la soirée, mais, épuisée par de longues journées d'interviews, elle ne s'y est pas rendue, restant dans son hôtel. L'ex-otage a à plusieurs reprises affirmé qu'elle devait sa libération à "un miracle" et avoir tenu pendant ses années de détention grâce à sa famille et à sa foi.