Libération (gauche) résume bien la double crainte qui revient dans nombre d'éditoriaux: "Quelle solution pérenne l'Union européenne peut-elle assurer" aux Kosovars, écrit le journal soulignant que "l'Europe crée aussi un précédent (car) Flamands, Catalans, Basques, Corses auront beau jeu de dénoncer le deux poids deux mesures". "La création de ce micro-Etat (...) sans la moindre viabilité économique et extrêmement corrompu porte un danger de déstabilisation", affirme encore le journal.

Le Figaro (droite), se veut optimiste. "Les divergences (européennes) si fondamentales soient-elles, ont été contrôlées", estime-t-il. "L'Europe joue gros" ajoute-t-il; "L'heure est venue pour elle de montrer enfin sa capacité à stabiliser les Balkans" et "si elle n'y parvient pas elle ne pourra pas se faire respecter".

Pour le Parisien (populaire), "Hashim Tacy (...), devenu premier ministre, et ses amis kosovars, ont en réalité ouvert la boîte de Pandore avec un double risque: celui de remettre le feu aux poudres dans les Balkans et celui de démultiplier les revendications séparatistes de part le monde".

En Grande-Bretagne, le Guardian note que "l'unité européenne va être mise à l'épreuve. Sa capacité à traiter au plan militaire ou politique avec le nouvel Etat peut être incertaine..." "L'Europe, poursuit le quotidien de centre gauche, est déjà divisée sur sa reconnaissance (du Kosovo) et même avec des pays extérieurs aux Balkans, comme l'Espagne, qui y font des parallèles inconfortables avec ses séparatistes régionaux".

"L'une des premières difficultés à laquelle va être confronté le Kosovo sera le statut incertain de la mission de l'Union européenne en raison du manque d'un mandat de l'Onu...", estime pour sa part le quotidien des milieux d'affaires, le Financial Times.

"La position de l'UE est loin d'être parfaite, mais sa ligne de conduite politique est soutenue par ses principaux membres comme la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne. L'UE doit s'assurer que la voie menant à l'adhésion du Kosovo au sein de l'Union doit rester ouverte ainsi qu'à celle des pays de l'Ouest des Balkans, la Serbie incluse, " ajoute le journal.

Enfin, The Times (centre-droit), juge également qu'"au plan international le plus jeune Etat européen a divisé l'Union européenne et donnera l'occasion à la Russie d'opposer son veto afin que le Kosovo ne soit pas admis aux Nations unies".

"Plusieurs membres de l'Union européenne, cependant ne vont pas aller dans cette voie", estime le quotidien. "L'Espagne, poursuit-il, craint que le cas du Kosovo crée un précédent avec le pays basque sécessionniste. Les voisins immédiats du Kosovo émettent également des réserves", relève le journal. Ce dernier rappelle que "la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie et Chypre partagent avec la Serbie l'héritage de l'orthodoxie et ont peur de renforcer leurs propres sécessionnistes".