Le président François Hollande a affirmé samedi à Nice (sud) qu'il s'attendait à ce que le Congrès américain vote sur un recours à la force armée en Syrie "jeudi ou vendredi" et indiqué s'attendre à une remise du rapport des enquêteurs de l'ONU "sans doute en fin de semaine".

Interrogé par la presse pour savoir s'il s'adresserait aux Français "à la fin de la semaine prochaine", M. Hollande a répondu: "Lorsque le Congrès (américain) aura voté - je pense jeudi ou vendredi - et lorsque nous aurons le rapport des inspecteurs, sans doute à la fin de la semaine, à ce moment-là, il y aura une décision à prendre y compris après une éventuelle saisine des Nations unies".

"J'aurai à ce moment tous les éléments me permettant de m'adresser aux Français pour leur dire la décision que j'aurai choisi pour la France", a-t-il précisé.

M. Hollande s'est félicité du ralliement samedi de l'Allemagne à une déclaration des Européens condamnant fermement le régime de Bachar al-Assad dans l'attaque chimique du 21 août à l'est de Damas.

"Je constate que nos positions avancent, je vois que les Européens se sont également réunis pour appuyer une solution qui est celle de la condamnation des armes chimiques et le texte européen (de Vilnius) soutient que tous les éléments les plus forts vont dans le sens de la responsabilité du régime" de Damas, s'est félicité François Hollande.

Il a dit ne pas sentir la France seule sur ce dossier: "au départ, on peut penser qu'on est seul quand on prend la responsabilité d'agir (...) mais ensuite il y a un travail de conviction, il se fait". "Au G20, nous avons progressé, maintenant l'UE s'est rassemblée, j'ai contribué à cette position en indiquant que le rapport des inspecteurs serait un des éléments de la décision".

La crise syrienne va durer des décennies, préviennent Suède et Pologne

La Suède et la Pologne ont mis en garde samedi contre les réactions impulsives à la crise en Syrie estimant que tout effort international pour résoudre la crise demandera un engagement "pour les décennies à venir".

"Soyons réalistes. Nous avons une escalade de la guerre civile dans l'ensemble du Levant (...) La seule chose que je puisse dire qui aurait une chance raisonnable de succès, ce serait d'y aller avec les armées et d'y rester 30 ans et d'essayer de construire une nation réelle. De l'appétit pour cela? Aucun", a déclaré Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères.

"C'est un problème extrêmement complexe. Il n'y a pas de solution simple. Nous devrons, du côté européen, rester occupé avec cette partie du monde pour les décennies à venir", a ajouté M. Bildt qui s'exprimait lors d'une conférence régionale de l'OTAN dans la capitale lettone, Riga.

"Voulez-vous vraiment que nous fassions un autre Irak? Était-ce vraiment une bonne idée? Cela valait-il le trésor (de guerre) et le sang qui y a été dépensé?", a demandé le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski à un auditoire composé principalement d'experts en politique étrangère, les exhortant à "réfléchir aux conséquences avant de plonger".

Selon le ministre polonais, le président américain Barack Obama a fait le bon choix en renvoyant la question d'une action militaire contre le régime Assad au Congrès. Il a en même temps accusé le Conseil de sécurité des Nations Unies d'avoir failli à son obligation d'agir comme "la voix de toute l'humanité" .

"Le Conseil de sécurité ne fait tout simplement pas ce qu'il est censé faire, à savoir être l'endroit où des nations égoïstes s'occupent de leurs intérêts", a-t-il déclaré.

"Je ne peux pas penser à un meilleur cas où la voix de l'humanité doit être entendue pour protester contre l'utilisation de ces armes (chimiques)", a-t-il ajouté.

La Chine et la Russie, les alliés de la Syrie ont utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer à la fois une action militaire et une procédure pénale internationale contre le président syrien Bachar al-Assad.

Samedi, l'Union européenne a appelé à une réponse "forte" sur la Syrie et exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à "assumer ses responsabilités".

Proche allié des Etats-unis dans les guerres en Afghanistan et en Irak, la Pologne a exclu de participer à toute intervention militaire en Syrie.

La Suède a indiqué qu'elle ne soutiendrait une action militaire que si elle était appuyée par un mandat de l'ONU.