Neuf personnes, dont six manifestants, un enfant, un policier et un membre des Gardiens de la révolution -l'armée d'élite du régime- ont été tuées dans la nuit dans le centre de l'Iran lors de violences liées au mouvement de contestation qui secoue le pays depuis jeudi, a rapporté mardi la télévision d'Etat.

Les six manifestants ont été tués dans des affrontements avec les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de prendre d'assaut un poste de police de la ville de Qahderijan, dans la province d'Ispahan, a précisé la source.

Quelque 450 personnes ont été arrêtées depuis samedi à Téhéran, moins touchée que les petites villes iraniennes par l'actuel mouvement de protestation contre les difficultés économiques et le pouvoir, a indiqué mardi un responsable. "Deux cent personnes ont été arrêtées samedi, 150 dimanche et environ 100 lundi", a déclaré le sous-préfet de Téhéran, Ali-Asghar Nasserbakht, à l'agence Ilna, proche des réformateurs.

Ces trois derniers jours, seuls quelques centaines de personnes ont tenté de manifester dans la capitale alors que de nombreuses villes de province ont connu des violences depuis le début des protestations, jeudi à Machhad (nord-est), deuxième ville du pays.

"Nous estimons que la situation à Téhéran est plus calme que les jours précédents. Déjà hier (lundi), c'était plus calme que les jours d'avant", a déclaré M. Nasserbakht.

Il a ajouté qu'aucune demande n'avait été faite à la base Sarollah des Gardiens de la révolution, chargée de la sécurité de la capitale en cas de troubles, pour intervenir, précisant que seules les forces de l'ordre intervenaient pour le moment à Téhéran.

"Nous ne permettrons en aucune manière que l'insécurité continue à Téhéran", a toutefois déclaré le général Esmaïl Kossari, le numéro deux de la base Sarollah, selon la télévision d'Etat. "Si cela devait continuer, les responsables prendront des décisions pour en finir".