Juin 2013, Mahmoud Ahmadinejad laissait sa place à Hassan Rohani à la tête de la République islamique d'Iran. Depuis, l'homme n'est que très peu apparu sur la scène politique iranienne. Qu'est-il devenu ?

Après un silence radio de deux ans, Mahmoud Ahmadinejad opérait un timide retour sur la scène publique en lançant son site internet et un compte instagram. On a pu ensuite le voir à certaines occasions comme, par exemple, l'anniversaire de la révolution iranienne de 1979.

L'homme n'a pas laissé un souvenir impérissable sur la population et les instances politiques après ses deux mandats. Cependant, « il a encore quelques soutiens au sein de la classe populaire qui le voit comme l'homme qui a résisté seul face à l'Occident. Il a notamment une permanence à Téhéran. Il y tient des consultations populaires et essaie de régler les problèmes du peuple grâce à ses influences en politique » explique Vincent Eiffling, spécialiste de l'Iran.

Le plébiscite pour les modérés ne joue pas en sa faveur

De là à imaginer que l'Iranien pourrait se présenter à l'élection présidentielle de 2017, il n'y a qu'un pas. Vincent Eiffling nuance : « Il pourrait le faire mais il n'a plus aucun soutien en politique. Il cherche tout de même à se replacer sur l'échiquier politique mais on a pu voir un plébiscite pour le clan modéré d'Hassan Rohani lors des dernières élections. Cela ne joue pas en sa faveur ».

En effet, les élections législatives du week-end dernier ont vu la défaite des ultraconservateurs à Téhéran, dont faisait partie Mahmoud Ahmadinejad. Il ne s'est d'ailleurs pas présentés aux élections, comme aucun de ses proches.

La percée des réformateurs fait également le jeu du président Hassan Rohani, qui avait pu replacer le pays sur la scène internationale grâce à l'accord sur le nucléaire auquel Mahmoud Ahmadinejad était farouchement opposé.

Ce climat n'encourage donc pas un retour en politique de l'ancien président même si cela reste envisageable. S'il désire se présenter en 2017, il devra tout de même passer devant le Conseil des gardiens de la Constitution et montrer patte blanche, notamment en matière de corruption. En 2015, ses deux ex-vice-présidents ont été arrêtés, notamment, pour corruption financière. « Une validation auprès du Conseil est nécessaire pour pouvoir se présenter comme candidat à la présidence », rappelle Vincent Eiffling.