A l'aube, un adolescent de 14 ans a été tué par une frappe israélienne.

L'armée israélienne a appelé dimanche les habitants de plusieurs localités du nord de la bande de Gaza à évacuer "immédiatement" leur maison en prévision de bombardements massifs dans ce secteur à partir de 12H00 locale (09H00 GMT).

L'aviation israélienne devait disperser des tracts au-dessus du nord de l'enclave palestinienne, non loin de la frontière avec Israël, demandant aux civils de quitter leur domicile d'ici midi pour se réfugier plus au sud, a expliqué l'armée dans un communiqué. "Ces tracts avertissent les résidents de Beit Lahiya de s'éloigner, pour leur sécurité, des activistes du Hamas et des sites où ils opèrent", souligne le communiqué. C'est la première fois que l'armée fixe un ultimatum à la population de Gaza depuis le début mardi des hostilités. "L'armée israélienne a l'intention d'attaquer les infrastructures terroristes. L'opération sera limitée dans le temps. Ceux qui qui ne respecteront pas les instructions mettront en danger leur vie et celle de leur famille", a prévenu l'armée. Selon la radio militaire, l'armée de l'air va "passer à une nouvelle étape en lançant des attaques sans précédent" qui vont viser des rampes de lancement de roquettes à plus longue portée ayant visé Israël ces derniers jours.

Première incursion terrestre d'un commando israélien

Un commando d'élite de la marine israélienne a mené dimanche à l'aube la première incursion terrestre dans la bande de Gaza depuis le lancement de l'offensive israélienne dans cette région, a annoncé le porte-parole de l'armée.

"Une opération des forces spéciales de la marine a eu lieu sur une plage de Gaza afin de frapper un site de lancement de roquettes à longue portée. La mission a été menée à bien", a précisé à la presse le lieutenant-colonel Peter Lerner. "Les membres du commando ont été attaqués et ont répliqué. Quatre soldats ont été légèrement blessés", a ajouté le porte-parole.

La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a confirmé dans un communiqué que "des échanges de feux nourris ont eu lieu entre nos combattants et des soldats de la marine sioniste qui tentaient de pénétrer dans la zone de Sudanyia, (au nord-ouest) de la bande de Gaza".

Il s'agit de la première incursion de l'armée israélienne depuis le lancement de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza durant la nuit de dimanche à lundi.

Les dirigeants israéliens ont multiplié ces derniers jours les menaces d'une opération terrestre de grande envergure dans la bande de Gaza parallèlement à la poursuite du pilonnage massif de l'enclave palestinienne par l'aviation en vue de détruire les capacités du Hamas à lancer des roquettes.

L'armée a notamment émis 40.000 ordres de mobilisation de réservistes pour remplacer des soldats du contingent déployés sur d'autres fronts afin de disposer de renforts à proximité de la bande de Gaza. Des cohortes de chars et de pièces d'artilleries ont également été ostensiblement déployés près de la bande de Gaza.

Par ailleurs, l'aviation a lancé durant la nuit de samedi à dimanche une vingtaine de frappes portant à plus de 200 le nombre de raids en 24 heures et à 1.329 le nombre d'attaques depuis le début de l'opération, a précisé dimanche matin le porte-parole de l'armée. "Au cours des dernières 24 heures, 53 roquettes ont été tirées vers le territoire israélien portant à 800 le nombre de roquettes lancées à partir de la bande de Gaza, dont 127 ont été interceptées" par des batteries d'"Iron Dome", un système permettant de détruire des roquettes en vol, a ajouté le porte-parole.

Un adolescent palestinien tué dimanche dans une frappe

Un adolescent palestinien de 14 ans a été tué dimanche à l'aube dans la bande de Gaza par une frappe israélienne, a indiqué le porte-parole des services de secours, Achraf al-Qoudra.

Le jeune garçon, Ibrahim al-Najar, est mort lors d'une frappe à son domicile à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, au sixième jour de bombardements israéliens visant à anéantir la force de frappe du mouvement Hamas. Selon la police de Gaza, 17 frappes ont visé l'enclave entre 04H00 et 05H00 locales (01H00 à 02H00 GMT). Le bilan de samedi s'est pour sa part encore alourdi, atteignant 56 morts avec le décès d'un enfant de deux ans et d'une femme de 73 ans.

Cette journée a été la plus sanglante depuis le début mardi de l'opération israélienne "Protective Edge" et qui vise à détruire la capacité du Hamas à frapper Israël de ses roquettes. Au total, 162 personnes ont été tuées et 1085 blessées dans les bombardements. Aucune victime israélienne n'est à déplorer depuis le début de cette campagne de bombardements qui pourrait être doublée d'une opération terrestre, hommes et blindés étant massés à la frontière avec l'enclave palestinienne. Le Hamas continuait pour sa part de tirer régulièrement ses projectiles vers Israël.

Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient tué 177 Palestiniens et six israéliens en une semaine.



La France demande à Israël de "faire preuve de mesure dans sa riposte"

La France demande à Israël de "faire preuve de mesure dans sa riposte" contre Gaza face aux tirs de roquette de la part du Hamas que "nous condamnons", a déclaré dimanche le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

"La France appelle au cessez-le feu immédiat (...) Nous condamnons les tirs de roquettes qui se sont produits de la part du Hamas sur la population civile israélienne mais nous demandons aussi à Israël de faire preuve de mesure dans sa riposte et en particulier de respecter le droit international et de faire en sorte que les victimes civiles soient épargnées", a-t-il dit lors d'une émission de plusieurs médias (Europe 1, Le Monde, iTélé).

Les Palestiniens fuient par milliers après la mise en garde d'Israël

Des milliers de Palestiniens fuyaient dimanche le nord de la bande de Gaza après une nuit de raids israéliens intenses et l'appel à évacuer lancé par Israël en prévision de bombardements massifs annoncés pour la mi-journée.

A Beit Lahiya, les habitaient fuient en voiture, à dos d'âne, à pied ou en charrette à cheval, emportant ce qu'ils peuvent avec eux. "La nuit dernière, il y a eu tellement de bombardements que personne ne pouvait dormir, c'était terrifiant", affirme à l'AFP un homme se présentant comme Farid. "J'essaie d'aller dans une école, dans n'importe quel endroit pouvant être sûr", ajoute cet homme qui fuit avec six membres de sa famille et des couvertures amoncelées sur sa mobylette.

Mohammed Sultan a pour sa part entassé les biens de sa famille sur une charrette à un cheval. Ses cinq enfants y sont assis au milieu d'un enchevêtrement d'objets. Avec d'autres proches, il cherchent à se rendre dans une école gérée par l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

L'armée israélienne a annoncé dimanche qu'elle diffusait des tracts appelant les civils du nord de l'enclave palestinienne de quitter leur domicile avant midi (09H00 GMT) pour se réfugier plus au sud. Mais M. Sultan assure ne pas avoir reçu de mise en garde. "Nous n'avons pas été prévenus. Mais il y a eu des tirs tout autour de nous pendant toute la nuit", explique-t-il à l'AFP. "Nous étions terrifiés, et nous avions si peur pour nos enfants. C'était une guerre totale", insiste-t-il.

Depuis le début de l'offensive israélienne mardi, 165 Palestiniens ont été tués dans l'enclave palestinienne, en grande majorité des civils, selon les secours. Pendant la nuit, Samari al-Atar, qui vit dans l'une des zones où Israël a promis de frapper fort, a également trouvé refuge dans une école de l'Unrwa. "Nous avons essayé de nous abriter dans la maison mais nous avons entendu des gens hurler et quand nous avons regardé dehors, il y avait beaucoup de monde qui fuyait les maisons", raconte-t-elle. "C'était au milieu de la nuit, j'ai réuni les enfants, ils avaient si peur", ajoute-t-elle, la voix entrecoupée de sanglots. "Et même pendant que nous étions en train de fuir, il y avait des tirs tout autour de nous (...). Nous n'avons rien pu prendre avec nous, les enfants étaient pieds nus".

A l'intérieur de l'école, les enfants dessinent sur un tableau noir des images de guerre à la craie rose et jaune: des hélicoptères, des chars qui tirent, des roquettes... Un garçon semble en état de choc: il raconte d'une voix monocorde comment il a fui sa maison, les yeux rivés au sol. Maani al-Ataar explique elle aussi avoir fui en pleine nuit, alors que les avions israéliens tournaient dans le ciel. "Les gens criaient. Des hommes âgés ne pouvaient pas marcher correctement, les plus jeunes devaient les aider", raconte-t-elle. "Il n'y avait pas d'électricité, la rue était complètement noire".

Selon Robert Turner, directeur des opérations de l'Unrwa, des milliers de déplacés ont déjà trouvé refuge dans les écoles de l'organisation à travers la bande de Gaza. "L'Unrwa a huit écoles accueillant plus de 4.000 déplacés gazaouis. D'autres sont en train d'arriver, ils fuient pour la plupart des secteurs dans le nord, Beit Lahiya et Beit Hanoun", explique-t-il aux journalistes.

A Beit Lahiya, Farida Zayed ne sait où trouver refuge. "Les gens disent qu'ils vont dans des écoles, mais Israël a bombardé des écoles dans le passé. Même des hôpitaux ont été pilonnés", dit-elle. "Nous avons tout perdu, notre avenir et l'avenir de nos enfants. Les Israéliens ne veulent pas nous laisser vivre", se lamente-t-elle.