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Israël annonce un cessez-le-feu, le Hamas menace de continuer

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Publié le - Mis à jour le

Israël a continué de bombarder Gaza samedi peu avant d'annoncer un cessez-le-feu unilatéral dans sa guerre contre le Hamas qui a menacé de poursuivre les combats tant que l'armée y resterait positionnée. Le cabinet de sécurité israélien devait se réunir vers 17H30 GMT pour voter une décision de cessez-le-feu unilatéral après 22 jours d'opérations militaires.

Dans la foulée, le Premier ministre Ehud Olmert et son ministre de la Défense Ehud Barak devaient donner une conférence de presse. "Après trois semaines de l'opération +Plomb durci+, nous sommes très proches des objectifs et de la consolidation des acquis par des accords diplomatiques", a indiqué M. Barak.

Israël a décidé de cesser son offensive, la plus vaste et meurtrière campagne militaire israélienne jamais lancée à Gaza, après avoir reçu des assurances américaines sur un arrêt de la contrebande d'armes vers le territoire palestinien, selon un responsable gouvernemental.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a signé avec son homologue israélienne Tzipi Livni un accord bilatéral à cette fin mais leur homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit, dont le pays a une frontière avec le territoire palestinien, a affirmé que son pays n'était pas "lié" par cet accord. Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé Israël à cesser les combats "immédiatement" et "sans conditions", et à retirer ses troupes de la bande de Gaza. L'Egypte a par ailleurs invité des chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier d'Europe, ainsi que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à un sommet sur Gaza dimanche à Charm el-Cheikh (Sinaï), ont déclaré samedi à l'AFP des diplomates au Caire.

M. Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas n'y ont pas été conviés. Le président Moubarak a en outre fait valoir que l'Egypte travaillait à sécuriser sa frontière avec la bande de Gaza et "n'acceptera jamais" de présence étrangère sur son territoire.

En Israël, "le cabinet de sécurité doit voter en faveur d'un cessez-le-feu unilatéral (...) après la signature d'un accord à Washington et des progrès significatifs réalisés au Caire", a indiqué un responsable gouvernemental. "Les forces israéliennes resteront à Gaza après" le cessez-le-feu, a-t-il souligné, précisant qu'Israël se réservait le droit de riposter à toute attaque du Hamas.

"Tant que (l'armée) restera à Gaza, la résistance et la confrontation se poursuivront", a averti Oussama Hamdane, un chef du Hamas basé à Beyrouth. Depuis le début du conflit le 27 décembre, l'Egypte a mené une médiation pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Une délégation du Hamas se trouvait samedi au Caire pour continuer les négociations avec les responsables égyptiens mais M. Hamdane a prévenu à l'avance qu'elle n'allait pas "rediscuter tout à partir de zéro".

Les chefs du Hamas en exil exigent un cessez-le-feu de la part d'Israël, mais aussi le retrait des troupes israéliennes, la levée du blocus et l'ouverture des points de passage du territoire. L'un des principaux objectifs d'Israël pendant ses opérations a été de tenter de couper, en les bombardant, les tunnels de ravitaillement du Hamas pour faire entrer des armes et des roquettes de moyenne portée, qui ont touché des localités israéliennes éloignées pour certaines de plus de 40 km de Gaza. Selon un porte-parole militaire, l'armée de l'air a bombardé samedi quelque 70 tunnels de contrebande entre l'Egypte et la bande de Gaza. Dans une lettre commune envoyée aux dirigeants israélien et égyptien, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont dits prêts à contribuer à la lutte contre la contrebande d'armes vers Gaza. Sur le terrain, les attaques israéliennes se sont poursuivies de manière sporadique faisant une dizaine de morts, dont une femme et un enfant tués dans un bombardement alors qu'ils étaient réfugiés dans une école de l'ONU à Beit Lahya (nord), selon des sources médicales et des témoins. "Cela illustre à nouveau la tragédie de Gaza. Il n'y a aucun lieu sûr et même une installation des Nations unies n'y est pas en sécurité", a déclaré Christopher Gunness, porte-parole de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour l'aide aux Palestiniens. "A Gaza, il n'y a nulle part où fuir".

Interrogé par l'AFP, un porte-parole militaire n'a pas été en mesure de commenter cette attaque contre une école de l'ONU, la quatrième depuis le déclenchement du conflit. Avant l'aube, une petite fille de deux ans a été tuée par un obus à Beit Hanoun (nord), et trois Palestiniens ont été tués par un obus de char à Karama, dans le même secteur, selon des sources médicales. Toujours dans le nord, quatre parachutistes israéliens ont été grièvement blessés par un tir de mortier, selon une source militaire.

Par ailleurs, des Palestiniens ont tiré onze roquettes et quatre obus de mortiers en direction d'Israël, sans faire de blessé, selon une source policière israélienne. En trois semaines d'offensive, au moins 1.203 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, et plus de 5.300 blessés, selon les services d'urgence de Gaza. D'après le Centre palestinien des droits de l'Homme à Gaza, 65% des morts sont des civils.

Côté israélien, 10 militaires et trois civils ont péri durant la même période. Selon le Bureau central palestinien des statistiques, le coût des destructions des infrastructures lors de l'offensive israélienne s'élève à 476 millions de dollars.

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