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Au terme d’une session extraordinaire de deux jours, la Commission des droits de l’homme des Nations unies a adopté le rapport de la commission indépendante conduite par le Sud-Africain (d’origine juive) Richard Goldstone. Lequel rapport de 575 pages fait état de crimes de guerre commis tant par l’armée israélienne que par le mouvement islamiste palestinien Hamas lors du conflit de Gaza, l’hiver dernier.

A Genève, 25 des 47 membres de la Commission ont adopté une résolution endossant ce document et condamnant Israël pour son refus de participer à l’enquête, ainsi que pour la poursuite de l’occupation et du blocus de Gaza. Six pays, dont les Etats-Unis, ont voté contre le rapport, tandis que cinq Etats, dont la France et le Royaume-Uni ont refusé de participer au vote.

La Belgique, de son côté s’est abstenue. Elle soutient cependant la recommandation du rapport qui préconise qu’Israéliens et Palestiniens mènent de leur côté leurs propres enquêtes "de manière crédible et adéquate et conformément aux standards internationaux", a indiqué le ministère belge des Affaires étrangères. Le rapport Goldtone plaide pour que le Conseil de sécurité des Nations unies saisisse la Cour pénale internationale de La Haye si les deux parties ne mènent pas dans les six mois des investigations crédibles pour châtier les combattants s’étant rendus coupables de crime de guerre.

Le gouvernement israélien - qui rejette le rapport que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié "d’absurde" - a vivement réagi au vote intervenu à Genève. Qui, selon Israël, "encourage les organisations terroristes à travers le monde et sape la paix mondiale".

Le son de cloche était évidemment différent du côté palestinien. A plus forte raison que la résolution a été rédigée par l’Autorité palestinienne, sous le parrainage de l’Egypte (pour les non-alignés), du Nigeria (pour l’Afrique), du Pakistan (pour l’Organisation de la conférence islamique) et de la Tunisie, (pour la Ligue arabe).

Nabil Aboud Rdaïnah, collaborateur du président palestinien Mahmoud Abbas, a déclaré que la communauté internationale devait faire en sorte que le vote de Genève établisse "un précédent qui assurera la protection du peuple palestinien contre toute agression".

Le Hamas, rival de l’Autorité palestinienne à laquelle il a ravi le contrôle de la bande de Gaza, a, lui, remercié "tous les pays qui ont voté en [ ] faveur (du rapport)" . Et Taher al Nono, porte-parole du mouvement islamiste, d’ajouter qu’il espérait "que ce vote conduira à un procès des chefs de l’occupation (israélienne)" . En revanche, sur l’accusation de crimes de guerre formulée à son endroit par le rapport Goldstone, le Hamas n’a soufflé mot. (D’après Reuters et Belga)