Un rapport médical commandé par la famille Chirac et transmis ce vendredi aux magistrats du tribunal de Paris indique que Jacques Chirac pourrait ne pas être capable de comparaître à son procès, d'après le quotidien français Le Monde. L'ancien président souffrirait d'un trouble neurologique de nature à l'empêcher de se souvenir précisément du passé, d'après cette expertise conduite par le professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Ce qui est évidemment embêtant puisque les deux dossiers qui valent à l'ancien président d'être poursuivi pour "abus de confiance", "détournement de fonds publics" et "prise illégale d'intérêt" dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris remontent au début des années 1990, époque où il était maire de la Ville Lumière et président du RPR.

Mais, le rapport est cependant accompagné d'une lettre signée par l'ancien chef de l'Etat français dans laquelle il demande à être traité comme un justiciable ordinaire. La défense ne devrait donc pas utiliser ce rapport médical pour soustraire l'ancien maire de Paris à son procès. Ce sera donc au président de la 11e chambre du tribunal de Paris, Dominique Pauthe, de décider s'il demande une contre-expertise médicale, ou s'il repousse sine die la comparution de Jacques Chirac. Si la deuxième hypothèse est retenue, le sort de ses neuf co-prévenus devra être déterminé.

Le procès de Jacques Chirac, premier ancien président de la République à comparaître en justice, avait tourné court pour des raisons de procédure en mars et avait été reporté à lundi.

Sa présence aux audiences était restée incertaine, son état de santé continuant de susciter des spéculations. Des articles de presse ont décrit M. Chirac comme fatigué à son arrivée début août en vacances à Saint-Tropez, dans le sud-est de la France, mais il avait néanmoins signé par la suite des autographes et posé avec les touristes.

Le procès doit s'achever le 23 septembre et suscite un très fort intérêt médiatique, le tribunal ayant reçu des demandes d'accréditation de 93 médias, dont 26 étrangers.

Protégé pendant ses 12 ans à la présidence (1995-2007) par une immunité, Jacques Chirac doit répondre de faits remontant au début des années 1990, quand il était maire de Paris (1977 à 1995).

M. Chirac est soupçonné d'avoir permis que des personnes travaillant essentiellement pour son parti, le RPR (ancêtre de l'UMP, le parti de l'actuel chef de l'Etat Nicolas Sarkozy), soient rémunérées par la mairie de Paris.

L'ancien président n'a cessé de récuser l'existence d'un "système organisé". Renvoyé devant la justice pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt", Jacques Chirac encourt en théorie dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.