Alors que les 28 leaders de l'UE ont adopté des conclusions insistant sur l'importance de lutter contre la désinformation, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a souligné vendredi que certains dirigeants européens portaient une part de responsabilité dans le phénomène. "Certains des Premiers ministres assis à la table du Conseil européen sont à l'origine de fake news", a lancé le Luxembourgeois, à l'issue d'un sommet à Bruxelles.

"M. Orban (le Premier ministre hongrois, ndlr) par exemple, lorsqu'il dit que je suis à l'origine du Brexit, c'est une fake news. Quand il dit que les migrants sont responsables du Brexit, là aussi c'est une fake news", a-t-il poursuivi.

"Ne faisons donc pas porter toute la responsabilité aux autres et regardons parmi les nôtres, qui sont ceux qui distillent des fake news", a-t-il conclu.

Très en verve lors de cette conférence de presse, M. Juncker a également fustigé l'attitude des États membres qui n'ont eu de cesse de demander un renforcement des frontières extérieures de l'UE, mais rechignent désormais à mettre en œuvre les propositions de la Commission allant en ce sens.

Le Luxembourgeois faisait en particulier référence au renforcement de l'agence de garde-frontières (Frontex) de 1.500 à 10.000 agents opérationnels d'ici à 2020. Les pays de l'UE, ne parvenant pas à s'entendre sur l'effort à fournir en termes d'effectifs, ont décidé de revoir le calendrier de ce projet.