Les mesures de clémence dont ont bénéficié Mikhaïl Khodorkovski, les Pussy Riot et les activistes de Greenpeace ne sauraient faire oublier, rappelle Human Rights Watch, les pressions que les autorités russes continuent d’exercer sur tous ceux qui critiquent les prochains Jeux d’hiver de Sotchi ou cherchent à profiter du rendez-vous olympique pour faire avancer leurs revendications.

Parmi ces derniers, il y a les militants de la cause circassienne. Onze d’entre eux ont été arrêtés et interrogés, avant d’être relâchés sans qu’aucune accusation ne soit formulée à leur encontre. Leurs maisons ont été fouillées, des téléphones et ordinateurs ont été saisis. La police était officiellement à la recherche d’un "terroriste", mais, selon HRW, la volonté était clairement d’intimider cette minorité musulmane du Caucase dont le sort a retrouvé une actualité inattendue avec l’organisation des JO à Sotchi.

Les Circassiens ont enflammé les imaginations dès le Moyen Age (les fameuses "beautés circassiennes" troublèrent aussi bien Côme de Médicis que Lord Byron ou Voltaire). Leur destin n’a pourtant rien d’enviable. L’annexion de leurs terres ancestrales par la Russie tsariste, accompagnée d’épouvantables massacres, a jeté 90 % de la population circassienne sur les chemins de l’exil (pour l’essentiel dans les pays de l’ex-empire ottoman). 2014 marque le 150e anniversaire de la victoire russe qui mit fin à la Circassie indépendante (dont Sotchi fut la dernière capitale). C’est sur ce qui sera le cœur du site olympique, Krasnaya Polyana, que l’armée russe parada, le 21 mai 1864, pour célébrer cette conquête.