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La presse française de lundi exprime son "horreur" et son "émotion" après la mort de deux journalistes de RFI enlevés et tués samedi au Mali, où se déroule encore pour longtemps une guerre "complexe" contre "un ennemi insaisissable".



Libération évoque "le choc. La tristesse. La colère et la révolte aussi" après "l'assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon par un commando de quatre hommes dans la région de Kidal" dans le Nord-Mali, "un acte odieux qui nous révulse", écrit Fabrice Rousselot.


"Ce drame, intolérable pour les Français comme pour les Maliens, montre le prix et la noblesse de la mission d'informer", insiste Philippe Gélie en première page du Figaro . L'éditorialiste estime aussi que "la guerre au Mali est entrée dans une nouvelle phase, plus complexe que la première : près de 3.000 de nos soldats y poursuivent un combat asymétrique contre un ennemi insaisissable".

Pour Le Figaro, il paraît pour l'heure "difficile d'envisager une stratégie de sortie" du Mali qui "n'a pas fini de hanter (les) nuits" du président français François Hollande.



Dans La Croix , Dominique Quinio souligne à son tour toute la difficulté d'une "guerre - une très longue guerre - au terrorisme" dont les "succès affaiblissent et désorganisent l'hydre islamiste. Mais ils la vivifient également : ainsi se construit la légende djihadiste et se recrutent de nouveaux adeptes".

"La guerre au Mali est loin d'être terminée ; le déploiement militaire français aussi", estime également Luc de Barochez dans L'Opinion .


"La France prend une claque au Mali"

Dans Ouest France , Laurent Marchand explique notamment que "les troupes maliennes sont encore loin de pouvoir prendre le relais" et qu'il "va être difficile de se désengager du Mali. Impossible, sans doute, avant longtemps".

"Nos confrères étaient venus au coeur de ce chaos. C'était leur travail. Ils y ont laissé la vie. Mais leur mort dit combien des pans de cette Afrique qu'ils aimaient sont devenus des astéroïdes noirs qui échappent à tout contrôle", commente Yves Harté dans Sud Ouest .

Plus cinglant, Didier Rose dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace estime que, "quelques jours après avoir récupéré sans grande modestie les quatre ex-otages du Niger, la France prend une claque au Mali. Comme pour lui rappeler les limites de l'opération Serval lancée il y a près de dix mois".

Des "indications permettant de remonter la trace" des meurtriers des journalistes

Les militaires français disposent "d'indications permettant de remonter la trace" des meurtriers des deux reporters français enlevés et tués à Kidal, dans le nord du Mali, a indiqué lundi matin une source proche du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. "Nous avons un certain nombre d'indications qui nous permettent de remonter la trace et nous espérons pouvoir y parvenir", a indiqué cette source, interrogée par l'AFP sur l'enquête autour des meurtres des envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

La même source a souligné cependant qu'il "ne s'agissait pas d'une enquête de police ordinaire".

Les recherches se déroulent "dans les contraintes de l'environnement immense du Nord-Mali, assez peu contrôlé par l'Etat malien". Par surcroît "nous ne disposons pas de moyens de police, mais de moyens militaires", a-t-il souligné.

Selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, des "opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements" ont été lancées dimanche et étaient toujours "en cours" lundi.

Samedi, "au moment où les militaires français sont arrivés derrière le pick-up" qui transportait Ghislaine Dupont et Claude Verlon de Radio France Internationale (RFI), "ils ont vu s'enfuir pas très loin, 1.500 mètres à peu près, quelqu'un, l'ont coursé et ne l'ont pas rattrapé", a aussi indiqué le ministre.

"A l'heure actuelle, on n'a pas de certitude sur qui a commis cet assassinat", a-t-il ajouté. "On va tout faire pour retrouver les assassins, les punir, les châtier", a assuré Laurent Fabius.