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La confrontation organisée par la chaîne de télévision France 24 et menée en français s'est avérée très consensuelle.

Les deux hommes ont reconnu que la crise n'était pas terminée, que la discipline budgétaire était nécessaire, que l'une des priorités devait être l'emploi des jeunes, qu'il fallait faciliter l'accès aux crédits pour les PME et que l'Europe devait lutter contre l'immigration illégale.

"Je constate que M. Juncker me donne raison et est très proche de mon programme", a ironisé M. Schulz. "J'accepte le fait que M. Schulz adhère à mes avis", lui a répondu du tac au tac M. Juncker. L'ancien premier ministre du Luxembourg, 59 ans, et le président toujours en exercice du Parlement européen, 58 ans, se connaissent depuis des années et ont opté lors de leurs échanges pour un ton courtois et une parole mesurée.

Interrogé sur la demande du gouvernement français de revoir le rythme de la réduction de son déficit, M. Juncker a rappelé que Paris "a eu deux périodes d'ajustement prolongées. De prime abord, il n'est pas évident qu'elle bénéficie d'une troisième prolongation".

Le propos est radicalement différent de celui tenu samedi à Berlin en présence de la chancelière allemande, Angela Merkel. Le Luxembourgeois avait alors accusé Martin Schulz de commettre "une grave erreur politique en voulant autoriser pour la troisième fois d'affilée la France à dépasser la limite de 3% de déficit".

Martin Schulz s'est borné à répéter que "si la France a besoin de soutien, il faut le lui accorder" en soulignant que le nouveau Premier ministre "Manuel Valls a annoncé un programme de réformes courageux et ambitieux".

Président de la Commission européenne.

"Elle ne doit pas s'immiscer dans la vie des gens, mais s'occuper des grands dossiers, des enjeux importants", a estimé Jean-Claude Juncker. "Il faut intégrer les citoyens dans le processus de décision, le rendre visible, audible, permettre de savoir qui fait quoi", a pour sa part expliqué Martin Schulz.

Le successeur de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne sera désigné en juillet par le Parlement élu le 25 mai. Un accord a été conclu entre les trois principaux groupes, le PPE, le PSE et les libéraux stipulant que "le parti arrivé en tête est le premier des trois à essayer de former une majorité au Parlement".

Les dernières enquêtes sur les intentions de votes réalisées début avril montent que les conservateurs et les socialistes sont au coude-à-coude.