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L'armée ukrainienne a annoncé combattre un "bataillon de chars russes" à l'aéroport de Lougansk, bastion des séparatistes prorusses dans l'Est, au moment où Moscou exige qu'un cessez-le-feu "immédiat et sans conditions" soit discuté lundi par le "groupe de contact" à Minsk.

Les représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE se réunissent dans la capitale bélarusse au lendemain des déclaration de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l'idée d'un "statut étatique" pour les régions rebelles de l'Est. Un ou plusieurs représentants des séparatistes seront présents, a annoncé Andreï Pourguine, "Premier ministre adjoint" de la "République populaire de Donetsk" (DNR) autoproclamée.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'avoir déjà déployé ses troupes régulières dans l'Est de l'Ukraine, ce que Moscou dément. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a même assuré qu'il n'y aurait "pas d'intervention militaire russe" en Ukraine et estimé qu'un "cessez-le-feu immédiat et sans conditions" devrait être discuté lundi à Minsk.

"Tout ce que nous faisons ne vise qu'à faire avancer une approche politique" dans le règlement de la situation en Ukraine, a affirmé le ministre russe.

Kiev a pour sa part fait état dans la matinée de combats entre soldats russes et ukrainiens pour défendre l'aéroport de Lougansk, l'une des capitales régionales et bastion des séparatistes prorusses.

"Les combats se poursuivent lundi entre les parachutistes ukrainiens et un bataillon de chars des forces armées russes pour défendre l'aéroport de Lougansk", a écrit Léonid Matioukhine, l'un des porte-parole militaires ukrainiens sur sa page Facebook.

Le ministre ukrainien de la Défense Valéri Gueleteï, a affirmé dimanche soir à la télévision que des troupes russes étaient également apparues à Donetsk, chef-lieu régional et fief de la rébellion prorusse.

"Nous sommes en guerre avec la Russie et c'est la Russie qui décide de ce qui se passe dans le Donbass", bassin minier qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk, a-t-il assuré.

Le conflit dans l'Est de l'Ukraine, qui a fait près de 2.600 morts depuis la mi-avril a franchi une nouvelle étape la semaine dernière après des informations concordantes sur la présence de troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1.000 selon l'Otan.

"La situation s'est aggravée ces derniers jours, l'Ukraine faisant face à une agression directe et non-dissimulée de l'État voisin", a déclaré lundi le président ukrainien Petro Porochenko.

Autour de Donetsk, les signes d'un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s'accumulent, selon un journaliste de l'AFP.

Le barrage de l'armée à la hauteur de Mariïnka, à la sortie ouest, n'était plus là lundi. Près de Berezové, au sud du fief séparatiste, un char de l'armée et deux véhicules militaires de transport de troupes ont été abandonnés.

A l'entrée de Volnovakha, à 70 km au sud-ouest de Donetsk, l'immense panneau "Poutine dehors" qui caricaturait un président russe affublé de la moustache et de la mèche d'Adolf Hitler, a été enlevé.

Dans le centre de Donetsk, aucun bombardement n'a été entendu dans la nuit.

Alors que les insurgés ont repris l'initiative et semblent préparer une nouvelle grande offensive, Vladimir Poutine a évoqué dimanche pour la première fois un "statut étatique" pour les régions séparatistes.

Dans ce contexte, le président américain Barack Obama se rend mercredi en Estonie, ex-république soviétique, avec un objectif: mettre Vladimir Poutine en garde contre la tentation de s'en prendre à un pays de l'Alliance atlantique, aussi petit soit-il.

Il sera les 4 et 5 septembre au sommet de l'Otan au Royaume-Uni, où une rencontre est prévue avec le président ukrainien. Kiev qui a relancé son projet d'adhésion à l'Otan attend une "aide pratique" et des "décisions cruciales" de l'Alliance à l'issue du sommet.

La Commission européenne doit pour sa part commencer lundi à travailler sur de nouvelles sanctions contre la Russie après un sommet extraordinaire samedi lors duquel les dirigeants de l'Union européenne ont exigé que la Russie "retire toutes ses forces militaires" du territoire ukrainien.

Ces mesures doivent être présentées d'ici à la fin de la semaine aux dirigeants européens, qui prendront une décision "en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain".

Face à cette menace, la monnaie russe a plongé lundi à un nouveau record de faiblesse face au dollar, le billet vert dépassant 37,30 roubles et à son plus bas niveau en quatre mois face à l'euro (49 roubles).