Libérée du joug de l'Etat islamique, la cité syrienne tente de se reconstruire au milieu des décombres

Kobané est une petite ville de quelques milliers d'habitants sise à la frontière turco-syrienne. Cette cité est devenue, quelques mois durant, l'un des bastions du tentaculaire Etat islamique. Et forcément l'une des cibles privilégiées de ceux qui combattent le groupe jihadiste. En septembre dernier, les islamistes s'étaient lancés à l'assaut de ce point stratégique. Les raisons ? Devenir maître de Kobané permet de meilleures prises en charge d'Européens partis faire le jihad en Syrie et ouvre des voies vers l'intérieur de la Syrie, vers Alep, notamment.

Après de violents combats, ils membres de l'Etat islamique parviennent à prendre le contrôle de la ville. Mais ils doivent "jouer" avec la résistance des forces kurdes, qui tentent par tous les moyens de les évincer, après avoir porté secours aux populations yazidies en Irak. Ces Kurdes sont épaulés par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, qui lancent des frappes aériennes sur la ville, rebaptisée la "Stalingrad du Moyen-Orient".

Malgré le manque de motivation d'Istanbul (carrément qualifié de complicité avec l'EI par certains), les jihadistes sont acculés. Encerclé par les Kurdes de Turquie (PKK) et de Syrie (PYD), l'EI doit finalement baisser pavillon et se retirer le 25 janvier. "La milice des YPG (Unités de protection du peuple kurde) a chassé l'EI de Kobané et contrôle quasi-totalement la ville", indique dès le lendemain l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Une énorme victoire pour les Kurdes et la coalition, à la fois stratégique et symbolique.

Mais à quel prix ? Depuis la fuite de l'EI, les habitants ont pu redécouvrir leur ville martyrisée par quatre mois d'âpres combats: bâtiments en ruines, voitures calcinées, rues désertes, population en deuil, Kobané a payé au prix fort la lutte contre l'Etat islamique. Des paysages apocalyptiques immortalisés par les photographes de presse présents sur place.


Les foyers de l'islamisme radical