"C'est pour montrer à nos amis: 'Regardez, nous étions devant la garçonnière de Monsieur et Madame!'", s'esclaffe Danie, en se prenant en photo devant l'immeuble parisien où François Hollande retrouvait Julie Gayet, un lieu qui suscite depuis vendredi toutes les spéculations. Le 20, rue du Cirque, à une centaine de mètres de l'Élysée, est devenu célèbre depuis que l'hebdomadaire people Closer a publié des images du président de la République quittant cette adresse à bord d'un scooter.

Rien d'extraordinaire pourtant au 4e palier de cet immeuble de six étages où se rendait le chef de l'État. Devant la porte bleu roi, un fatras d'objets. De l'autre coté, une trottinette et un skate-board. Mais sur la boîte aux lettres, ainsi que dans l'annuaire, un nom au coeur de nombreuses interrogations: "Ferracci".

Il s'agit de Michel Ferracci, un acteur de la série télévisée "Mafiosa", condamné en novembre à 18 mois de prison avec sursis dans l'affaire des détournements du cercle de jeux parisien Wagram au profit de membres du gang corse de la "Brise de mer". "Je n'ai jamais vécu dans cet appartement" de 90 à 100 mètres carrés, assure l'intéressé à l'AFP.

Son nom, qui apparaît aux côtés de celui de son ex-femme, est celui de ses enfants. "Je suis séparé depuis six ans. Mon ex-femme habite là-bas depuis trois ans. Il n'y a rien à mon nom", explique Michel Ferracci. Il précise également que si son nom figure dans l'annuaire à cette adresse, c'est parce qu'il avait souscrit un abonnement pour une "box" internet, qu'il a laissée à ses enfants. Depuis le début de "l'affaire", ces derniers l'ont d'ailleurs rejoint à son domicile, dit-il. Leur mère, "abattue", se repose avec une amie. Après sa séparation avec Michel Ferracci, elle a été la compagne de François Masini, réputé proche du milieu corse et assassiné en mai 2013.

Policiers dans la confidence

"Il n'y a jamais eu aucun problème avec cette charmante dame", affirme pour sa part à l'AFP Jean-Pierre Discazeaux, le propriétaire de l'appartement, qui a occupé les lieux de 1962 à 2003 avant de le mettre en location. Cet ancien commerçant de 71 ans, aujourd'hui retraité à Biarritz, se dit en revanche "extrêmement choqué" par ce qu'il lit dans la presse: "que je serais un ancien mafioso, un patron du CAC 40, ou que l'appartement que j'ai habité pendant 40 ans était un bordel". "Je ne sais pas où est-ce qu'ils ont trouvé ça", lâche-t-il, se disant prêt à "prendre les mesures nécessaires" avec son avocat "si tout cela continue".

Reste la question de la sécurité du chef de l'État, qui se rendait "assez régulièrement" dans l'appartement depuis fin 2013, selon des sources policières. Ces mêmes sources expliquent que cinq à six policiers du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), mis dans la confidence, étaient mobilisés autour de M. Hollande et qu'une enquête d'environnement a été menée en amont. 

"La sécurité du président n'a jamais été menacée", a assuré le ministre de l'Intérieur Manuel Valls au journal Le Monde. Ce dernier s'est toutefois défendu d'avoir été mis dans la confidence. "Le GSPR est autonome. Je n'ai pas à être au courant des déplacements du président. S'il décide d'aller dans un endroit, c'est de sa responsabilité", a-t-il affirmé.

Les hommes du GSPR n'ont toutefois pas vu venir les paparazzi qui, cachés dans un logement en face, ont immortalisé les allers et venues de François Hollande. Les voisins interrogés par l'AFP n'ont rien vu non plus. "Je n'ai jamais vu le président de la République!" s'exclame Hélène Roques, directrice d'une société de conseil domiciliée dans l'immeuble. "Si je l'avais croisé avec un casque sur la tête dans l'escalier, je l'aurais reconnu", assure cette militante socialiste.