Le Sénat américain a confirmé, jeudi, la nomination comme juge à la Cour suprême d’Elena Kagan, désignée par le président Barack Obama pour siéger parmi les neuf sages de la plus haute juridiction du pays.

Au cours d’une série d’audiences fleuve qui a débuté le 28 juin, les sénateurs de la commission judiciaire ont décortiqué l’enfance de Mme Kagan à Manhattan dans les années 1960 et 1970, ses études à Princeton, ses états de service en tant que doyenne de la faculté de droit de Harvard, sa carrière de juriste et ses fonctions d’avocate de l’administration Obama. Le 20 juillet, la commission a finalement approuvé sa nomination par 13 voix contre 6.

Mme Kagan avait été désignée par M. Obama, le 10 mai, pour succéder au juge John Paul Stevens, 90 ans, qui avait annoncé son départ en avril.

Sa confirmation en séance plénière ne devait pas poser de problèmes car les Démocrates contrôlent 59 des 100 sièges du Sénat. En outre, plusieurs Républicains ont décidé de soutenir la candidate.

Les opposants républicains à cette nomination ont cependant redoublé de critiques ces deux derniers jours. "Pour faire simple, c’est une militante politique, pas une juriste", a déclaré, mercredi, devant le Sénat, le Républicain Richard Shelby avant d’ajouter : "Nous avons besoin d’un arbitre impartial et non d’un partisan politique".

Parmi les reproches adressés par les Républicains à Elena Kagan figure le fait qu’elle ait refusé l’entrée du campus de Harvard aux militaires venus recruter, une pratique traditionnelle dans la prestigieuse université. Mais ses défenseurs affirment que les recrutements ont pu se poursuivre via les organisations estudiantines.

Mme Kagan est devenue, à 50 ans, la benjamine de la Cour suprême et la quatrième femme à y être nommée après Sandra Day O’Connor, Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor. Et, pour la première fois, trois femmes y siégeront en même temps, aux côtés de six hommes. La Cour est appelée à se prononcer sur des sujets qui façonnent la société américaine, comme la peine de mort, l’avortement, les discriminations, mais aussi des questions économiques ou environnementales. Les nominations à cette juridiction sont un des pouvoirs présidentiels les plus importants.