Après un jugement de la cour constitutionnelle, une case "divers" devra être introduite dans les actes d’état civil, une étape vers l’interdiction des mutilations des enfants transgenres.

Vanja a une barbe mais sur le papier, c’est une femme. Fille ? Garçon ? A sa naissance, ce n’était pas clair. Ses parents ont donc coché la case "fille" dans l’acte de naissance. Vanja fait pourtant partie des quelque 80 000 personnes en Allemagne dont les chromosomes sont atypiques et le sexe indéterminé.

Une case "divers"

Depuis 2013, il était possible de laisser en blanc la case "féminin" ou "masculin" dans les registres d’état civil allemand. A l’avenir les enfants intersexes à la naissance pourront être inscrits dans une case "divers" spécifique. Ainsi en a décidé cette semaine la cour constitutionnelle allemande.

Le prochain gouvernement allemand aura jusqu’à fin 2018 pour changer les lois et introduire une option "divers" dans les actes de naissance. Saisie par Vanja, la Cour suprême a estimé que les personnes transgenres subissaient une discrimination en raison de leur sexe et a rejeté les arguments administratifs de l’Etat.

Cette décision est "à la frontière d’une petite révolution" estime Moritz Schmidt, porte-parole de l’association qui a lancé une campagne "Troisième option" pour soutenir Vanja. "Pour la première fois, il est reconnu constitutionnellement qu’il existe d’autres genres que masculin ou féminin."

Pas une première mondiale

Sept pays au monde ont déjà adopté des lois sur le troisième genre, notamment l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Népal.

Malte de son côté interdit en outre les opérations sur les enfants transgenres.

Pour Petra Follmar-Otto de l’institut allemand pour les droits de l’homme, la décision de la cour constitutionnelle est du reste une étape essentielle pour interdire toutes les opérations de changement de sexe sur les enfants.

Environ 1 500 opérations de ce genre ont lieu chaque année, explique la juriste dans le quotidien "Die Zeit". Or, elles sont traumatisantes physiquement et psychologiquement pour ces enfants, souligne le site des Nations unies menant campagne contre l’opération des enfants intersexes.

Ces derniers représentent 1,7 % de la population mondiale, "soit autant que les personnes à cheveux roux", remarque le texte des Nations unies, qui ajoute qu’ils sont "parfaits comme ils sont". Nathalie Steiwer, à Berlin