Le Coran condamne-t-il l'apostasie par la peine de mort ? Pour Serge Lafitte, auteur de "Mahomet et l'islam des origines" (éd. Plon) qui y consacrait une contribution dans "Le Monde des religions" (septembre-octobre 2007), maints passages du Coran évoquent une vigoureuse condamnation divine de l'apostasie. Ainsi la sourate 4,115 dit : "Quant à celui qui se sépare du Prophète [...] et qui suit un chemin différent de celui des croyants, nous nous détournerons de lui, comme lui-même s'est détourné. Nous le jetterons dans la géhenne (l'enfer)". Mais l'auteur voit encore "une marge d'interprétation" de l'ampleur de cette condamnation dans d'autres sourates du texte sacré.

Pour Soheib Bencheikh, le grand mufti de Marseille, si un hadith (parole du prophète Mahomet) paraît sans ambiguïté - "Celui qui change de religion, tuez-le !" -, il y a lieu de le replacer dans son contexte historique.

"A l'époque de Médine, tout musulman quittant l'islam, changeait de camp et commettait automatiquement la plus haute trahison, méritant ainsi le châtiment le plus sévère. C'est une situation connue pendant toutes les périodes de guerres et de conflits", explique-t-il dans l'ouvrage "Les Versets douloureux" (éd. Lessius). Et d'insister : "Accepter pour vérité des dires que l'on attribue au Prophète un siècle et demi après sa mort ne peut être une démarche intellectuellement valable".