Supérieur du monastère de Mar Mousa , le père Paolo Dall’Oglio plaide depuis des mois pour que les chrétiens de Syrie ne succombent pas à la peur mais s’engagent dans une réconciliation avec les musulmans, dont la communauté sunnite est largement majoritaire dans le pays et soutient en partie l’insurrection. Est-ce à cause de cela qu’il a reçu un avis d’expulsion le 21 novembre ? Le fait est que Damas ne semble plus supporter cette autre voix du monde chrétien syrien et que les autorités ont demandé instamment à l’évêque de Homs de prendre la décision. Dans un "Appel de Noël 2011", lancé quelques jours plus tard depuis son monastère perché à flanc d’une falaise, le jésuite italien estime que, face à la guerre civile qui menace, le rôle des chrétiens est "dans le dialogue, dans la communication, dans la construction de passerelles, dans le service de la réconciliation". Il ajoute que "ce n’est pas en glissant dans la mentalité des complots que l’on atteindra le salut". Il demande aux autorités syriennes d’ouvrir la porte à tous les médias arabes et internationaux "car la vérité surgit de la diversité et de l’indépendance journalistique". "C’est maintenant le moment de nous défaire de nos craintes et de nos préjugés défavorables à la participation des musulmans dans le processus politique", ajoute-t-il. "Sans doute l’extrémisme représente-t-il un motif d’inquiétude, et même de violence chez certains. Certains ne parviennent pas à imaginer un régime politique fondé sur la majorité des citoyens, car ils considèrent ces derniers comme immatures et incapables de se représenter le bien du pays. Il nous revient de trouver une solution, dans la négociation et non dans la marginalisation." Ch. Ly.