Les membres de l'Asean, à laquelle la Birmanie appartient, envisagent un "appel commun" en vue d'obtenir la grâce de Mme Suu Kyi, dont l'assignation à résidence a été prolongée. Cet appel pourrait prendre la forme d'une lettre adressée à la junte birmane, qui a ordonné la semaine dernière une prolongation de 18 mois de l'assignation à résidence de la lauréate du prix Nobel de la Paix.

"Si je me souviens bien, il s'agirait du premier appel commun en faveur de (son) amnistie", a déclaré Teuku Faizasyah, porte-parole du ministère. "Nous ne savons pas quelle forme cela prendra. Cela pourrait se faire sous la forme d'une lettre adressée à la Birmanie, mais ils (les responsables de l'Asean, ndlr) devront en discuter", a-t-il ajouté.

Le sénateur américain Jim Webb, qui s'est rendu la semaine dernière en Birmanie, avait déjà évoqué cette demande de grâce par l'Asean. "Je crois comprendre qu'il va peut-être y avoir, de la part de l'Asean (...) une forme de pétition demandant qu'elle soit amnistiée, ce qui serait une avancée majeure vers une résolution de la situation", avait déclaré lundi le sénateur démocrate à la chaîne CNN.

La Thaïlande, l'un des piliers de l'Asean qu'elle préside actuellement, a exhorté l'organisation à soutenir une demande de grâce en faveur de Mme Suu Kyi au dirigeant de la junte birmane, le généralissime Than Shwe.

L'Asean, qui regroupe 10 membres, a souvent essuyé des critiques pour son manque de fermeté envers la Birmanie, son membre le plus controversé. Cette condamnation a entraîné une levée de boucliers internationale, à la notable exception de l'Asean, qui s'est contentée d'exprimer "sa profonde déception".