Un "kamikaze" originaire du Kirghizstan est l'auteur de l'attentat qui a fait 14 morts et 45 blessés lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg, ont affirmé mardi les services de sécurité de ce pays d'Asie centrale.

"Le kamikaze dans le métro de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) était un ressortissant kirghiz Akbarjon Djalilov (...), né en 1995", a déclaré à l'AFP le porte-parole des services de sécurité kirghizes, Rakhat Saoulaïmanov. Il aurait également déposé la seconde bombe désamorcée dans une autre station. Le Comité d'enquête a indiqué avoir identifié des traces d'ADN de Djalilov sur le sac contenant la bombe désamorcée dans une autre station du métro du centre de l'ancienne capitale impériale russe.

Les services secrets du Kirghizstan avaient indiqué que Djalilov était né dans la région kirghize d'Och, une zone qui a fourni un fort contingent de jihadistes à l'organisation Etat islamique (EI). Il a "probablement" acquis la nationalité russe, ont-ils précisé à l'AFP.



La Russie, cible de plusieurs terrorismes

Une explosion qui a eu lieu vers 14h30 (13h30 heure de Bruxelles) dans un wagon de métro de Saint-Pétersbourg, près du centre de la ville, a fait 14 morts et 47 blessés. Tout le métro de la ville a été évacué d’urgence, et cette mesure de précaution s’est avérée utile compte tenu du fait qu’une heure plus tard on aurait trouvé un second engin explosif dans un autre véhicule du métro.

Au moment de l’explosion, Vladimir Poutine se trouvait à Strelnia, un des faubourgs de Saint-Pétersbourg, où il assistait à une rencontre avec des journalistes organisée par le Front populaire panrusse, avant une entrevue prévue avec président biélorusse Loukachenko.

Jusqu’à présent, Saint-Pétersbourg n’avait jamais connu d’attentat dans son métro. En Russie, les dernières attaques aux explosifs se sont produites dans le métro de Moscou au mars 2010 quand deux femmes kamikazes ont fait exploser leurs engins dans deux trains différents sur une ligne du centre de la capitale. Ces attentats avaient fait 41 morts et 88 blessés. Cette attaque avait été revendiquée par Dokou Oumarov, leader de "L’émirat du Caucase".

Un jeune suspect aperçu sur des vidéos

Ce lundi, l’attentat à Saint-Pétersbourg a pratiquement paralysé la circulation dans toute la ville, car tout le réseau souterrain a été complètement bouclé. Rapidement, des témoins oculaires ont affirmé qu’ils avaient vu un jeune homme changer de wagon en abandonnant délibérément son sac.

Les images d’un suspect ont très rapidement circulé sur Internet. Il s’agit d’un homme de 25-30 ans dont le visage trahit ses origines caucasiennes ou méditerranéennes.

L’attentat, perpétré alors que le président Poutine se trouvait à Saint-Pétersbourg, pose question. S’agit-il d’une simple coïncidence ou les auteurs avaient-ils été informés du déplacement du Président ?

D’autre part, certains observateurs se demandent aussi si cet attentat ne pourrait pas être une forme de réponse à la dernière sortie musclée du président Vladimir Poutine. Le patron du Kremlin avait en effet expliqué, la semaine dernière, que les manifestations populistes non autorisées (allusion à la récente marche contre la corruption organisée par son principal opposant Navalny) risquaient de provoquer des effusions de sang.


© AFP