La cérémonie de canonisation des 1,5 million de victimes du génocide arménien, perpétré par les Turcs ottomans, a débuté jeudi en Arménie, à la veille des commémorations officielles du centenaire des massacres et malgré les critiques de la Turquie qui rejette le terme de génocide

L'office de canonisation est célébré par le chef de l'Eglise arménienne, le Catholicos Karékine II, à Etchmiadzin, à une vingtaine de kilomètres d'Erevan, dans un édifice datant du IVe siècle qui est considéré comme la cathédrale chrétienne la plus ancienne au monde.

Il s'agit de la canonisation la plus importante numériquement parlant jamais décidée par une Eglise chrétienne.

La cérémonie doit prendre fin à 19H15 (17H15 HB), un choix symbolique en mémoire de 1915, l'année où le génocide a commencé.

Juste après, les cloches sonneront dans toutes les églises arméniennes à travers le monde et une minute de silence sera observée.

L'Eglise apostolique arménienne a appelé tous les Arméniens à "participer pieusement à cet événement historique".

En canonisant ces victimes, "l'Eglise ne fait que reconnaître les faits, c'est à dire le génocide", a déclaré Karékine II.

"Pour nous, Arméniens, c'est une obligation morale et un droit de nous souvenir de 1,5 million des nôtres qui ont été tués et des centaines de milliers de personnes qui ont subi des privations inhumaines", a souligné pour sa part le président arménien Serge Sarkissian.

Vendredi, des millions de personnes à travers le monde, dont plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, vont rendre hommage aux victimes de ces massacres qui ont débuté il y a 100 ans.