Ce jeudi matin, Marine Le Pen a déclenché une vive polémique dans l'Hexagone. En cause, ses propos sur le retour sur le sol français des quatre ex-otages du Niger : "J’ai ressenti un malaise et je pense ne pas avoir été la seule. J’ai trouvé ces images étonnantes, cette extrême réserve étonnante, leur habillement étonnant" a-t-elle indiqué sur les ondes d’Europe 1.

Pour rappel, les quatre hommes étaient têtes baissées derrière le président de la République. L’un d’entre eux avait d’ailleurs caché une partie de son visage. Alors que François Hollande leur avait proposé de s’exprimer, les ex-otages ont décliné l’invitation.

La présidente du Font national a poursuivi : "On avait l'impression d'avoir des images d'hommes qui étaient très... réservés. C'est le moins qu'on puisse dire. Les deux qui portaient la barbe taillée d'une manière assez étonnante, l'habillement était étrange. (…) Cet otage avec le chèche sur le visage... Tout ça mérite quelques explications de leur part." Comprenez ‘Ont-ils été islamisés lors de leur détention ?’. Même si Marine Le Pen affirme ne pas aller jusque-là, elle précise toutefois qu’il n’est pas interdit de penser au syndrome de Stockholm, soit l’empathie qui peut se créer entre un otage et celui qui le détient.

Le Pen critiquée sévèrement…

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, fustige Marine Le Pen sur Twitter : "Invraisemblable indécence de Marine Le Pen à l'égard d'otages libérés après plus de 3 ans de captivité." Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, exige des excuses de Marine Le Pen auprès des otages.


Face à la polémique soulevée, la présidente du FN a fait un pas en arrière: "Manifestement, je me suis exprimée de manière maladroite puisqu'il ne s'agissait en aucun cas dans mon esprit, d'émettre la moindre critique à l'égard des otages. Donc évidemment, je me réjouis de la libération. Maintenant, il est vrai que j'ai exprimé le sentiment qu'avait été celui d'un certain nombre de journalistes aussi, ne soyons pas hypocrites."

"Compatriotes bankables"

Selon Le Monde, une rançon de 20 millions d'euros aurait permis cette libération tant attendue. Mais pour Marine Le Pen, c'est une stratégie dangereuse: "Plus vous payez de rançons, plus vos compatriotes sont “'bankables'”, comme disent les Anglo-Saxons. Plus ils sont une cible de choix pour des groupes mafieux ou fondamentalistes qui se disent que c'est un bon moyen de trouver un financement assez facile. C'est la raison pour laquelle nos compatriotes sont ceux qui sont le plus victimes d'enlèvements". Selon elle, l'Etat français devrait donc prendre le risque de ne rien payer.

Marine Le Pen a profité de cette polémique pour dénoncer l’instrumentalisation par les gouvernements des libérations d’otages.