Le rapport d’enquête des élus républicains accable sans surprise Hillary Clinton à quatre mois de la présidentielle.

Les élus républicains de la Chambre des représentants ont rendu public mardi un rapport très attendu sur l’attaque du consulat américain de Benghazi, le 11 septembre 2012, rapport qui, sans surprise, accable Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat et responsable à ce titre de la sécurité du personnel diplomatique.

Fruit d’une enquête parlementaire menée, pendant deux ans, dans un climat politiquement houleux, le rapport attribue la mort de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Chris Stevens, et de trois de ses compatriotes employés au consulat de Benghazi, à la conjonction de plusieurs facteurs dont une effarante "inertie bureaucratique", des conditions de sécurité qui se détérioraient rapidement en Libye et une allocation insuffisante de moyens pour y répondre. Dans ces conditions, estiment les auteurs du rapport, Hillary Clinton et un de ses principaux collaborateurs, Patrick Kennedy, auraient pu et auraient dû faire plus pour mettre les diplomates américains à l’abri des groupes extrémistes actifs sur le sol libyen.

Des informations insuffisamment précises

Durant les auditions de la "commission Benghazi" du Congrès, l’ex-secrétaire d’Etat a expliqué qu’elle était alors consciente de la menace, mais que les services de renseignement ne lui avaient fourni aucune information pointant un risque précis qui aurait permis de prendre les mesures de prévention adéquates. Cette justification fait bondir les Républicains qui, dans le rapport, disent ne pas voir quelle indication supplémentaire était susceptible d’être apportée, en dehors de l’attaque elle-même.

Les Démocrates n’ont cessé de dénoncer dans l’enquête, et à présent dans la publication du rapport, un gaspillage de fonds publics uniquement destiné à ternir l’image d’Hillary Clinton et à saper ses chances de remporter l’élection présidentielle du 8 novembre. Son adversaire républicain présumé, Donald Trump, ne manquera effectivement pas d’exploiter le rapport pour montrer que l’ex-secrétaire d’Etat est incapable ou indigne de remplir les fonctions de commandant en chef dont le Président des Etats-Unis est investi.

Un camouflage démocrate ?

Ressentie comme une humiliation à Washington, l’attaque de Benghazi n’a cessé d’être un sujet de controverse politique. D’abord présentée comme le débordement spontané et par conséquent imprévisible d’une foule en colère, elle est désormais identifiée à une action terroriste planifiée, qui révèle un défaut de prévoyance de la part des autorités américaines. Les Républicains ont reproché à la Maison-Blanche d’avoir initialement occulté cette réalité pour garantir la réélection de Barack Obama en novembre 2012. Le chaos qui persiste dans la Libye de l’après-Kadhafi (où quatre personnes ont encore péri vendredi dernier dans un attentat à Benghazi) ne contribue pas à apaiser la polémique.