L'Union européenne refuse la politisation de l'énergie et attend de ses fournisseurs le "respect de leurs engagements", a averti vendredi la Commission européenne en réponse à une lettre de mise en garde de Vladimir Poutine.

"L'Union européenne est un bon client. Elle achète 70% des exportations russes d'énergie qui contribuent pour à peu près 50% des recettes du budget fédéral russe", a rappelé la porte-parole de l'exécutif bruxellois, Pia Ahrenkilde-Hansen.

"Nous attendons de nos fournisseurs qu'ils tiennent leurs engagements et il est dans l'intérêt de tous de ne pas utiliser l'énergie comme un outil politique", a-t-elle insisté, en rappelant la position exprimée la semaine dernière lors d'une réunion entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Dans une lettre à 18 dirigeants européens, M. Poutine a menacé de cesser de livrer du gaz à l'Ukraine si ce pays ne réglait pas sa dette, mettant ainsi en danger l'approvisionnement des Européens, comme en 2009.

Les achats de gaz à la Russie couvrent 25% des besoins des pays de l'UE pour une facture totale de 35 milliards d'euros en 2013, soit 3 milliards par mois, précise la Commission.

La Russie rassure l'UE

"Nous garantissons le respect en totalité de nos obligations envers les consommateurs européens", a déclaré M. Poutine, au cours d'une réunion du Conseil de Sécurité russe. "La question, c'est la garantie du transit à travers l'Ukraine". 

Kiev, qui refuse l'augmentation de 80% des prix du gaz appliquée par Moscou au 1er avril, a cessé tout paiement au groupe russe Gazprom aussi bien en ce qui concerne les nouvelles livraisons que la dette accumulée auparavant, qui atteint 2,2 milliards de dollars. Vladimir Poutine a répété vendredi que la situation était "inacceptable" et a appelé à des pourparlers "le plus vite possible" entre la Russie et l'UE pour résoudre les problèmes de l'économie ukrainienne, au bord du défaut de paiement. Il a souligné que Gazprom pouvait de façon contractuelle passer à un système de prépaiement, qui risque de se traduire par un arrêt pur et simple des exportations si Kiev persiste à refuser de payer. 

"Même une société aussi grande que Gazprom ne peut pas assumer la charge de subventionner l'économie ukrainienne", a-t-il ajouté. Environ 13% du gaz consommé dans l'Union européenne transite par le territoire ukrainien.