Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont une nouvelle fois prolongé de six mois, jeudi lors de leur sommet à Bruxelles, les sanctions économiques et financières adoptées en 2014 après l'annexion jugée illégale de la Crimée par Moscou. C'est la huitième prolongation de ces sanctions depuis l'été 2014. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déjà prolongé cet été jusqu'à fin 2019 l'embargo sur les produits alimentaires occidentaux, en représailles à ces sanctions européennes et ainsi qu'aux américaines.

Si la première journée de ce sommet européen de deux jours est dominée par le Brexit, les Européens n'en ont pas moins abordé plusieurs dossiers de relations internationales.

Ils ont ainsi entendu, de la bouche de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron, chargés de faire rapport sur la mise en œuvre des accords de paix de Minsk, que la Russie n'avait pas réalisé la moindre avancée à cet égard.

L'Union européenne a imposé de lourdes sanctions économiques contre la Russie pour l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée et son implication dans la guerre opposant depuis la même année les forces de Kiev aux séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine. Selon Kiev et l'Occident, Moscou soutient militairement les rebelles dans ce conflit, qui a fait plus de 10.000 morts en quatre ans. La Russie dément en dépit de nombreuses preuves.

Les dirigeants des Vingt-huit se sont aussi penchés sur les incidents avec la Russie en mer Noire, à l'entrée de la mer d'Azov, au nord-est de la Crimée. Le 25 novembre, la Russie y a capturé, après avoir ouvert le feu sur eux, trois navires militaires ukrainiens avec 24 marins à bord, déclenchant le pire bras de fer avec Kiev depuis plusieurs années.

Les Vingt-huit sont toujours divisés sur l'opportunité de renforcer les mesures ciblant les échanges avec la Russie après ces incidents. Or de nouvelles sanctions nécessitent l'unanimité.

Les dirigeants européens ont toutefois "exigé la libération immédiate des marins ukrainiens, la restitution des navires arraisonnés et le libre passage pour tous les navires dans le détroit de Kerch", qui relie la mer Noire à celle d'Azov.