L'Union européenne a annoncé jeudi qu'elle prolongeait d'un an, jusqu'au 30 septembre 2011, sa mission d'assistance à la police en République démocratique du Congo (RDC), et qu'une forte délégation européenne se rendrait bientôt à Kinshasa faire le point sur la sécurité.

Mise en oeuvre en juillet 2007 dans la foulée d'une première mission plus limitée créée en 2005, Eupol RD Congo, dont le quartier général est à Kinshasa, aide les autorités congolaises à réformer le secteur policier de la sécurité, en interaction avec la justice.

Les quelque 50 experts européens d'Eupol RD Congo en poste à Kinshasa, Goma (Nord-Kivu, est), et Bukavu (Sud-Kivu, est) forment la police congolaise aux techniques policières et de justice pénale modernes et conformes à un Etat de droit.

Leur mandat a été élargi en 2009 à la lutte contre les violences sexuelles, phénomène particulièrement grave en RDC.

Une autre mission européenne, Eusec, dont le mandat a été prolongé mardi de deux ans (jusqu'au 30 septembre 2012), fait de même depuis 2005 avec l'armée en prodiguant conseils et formations aux cadres militaires congolais.

Les représentants à Bruxelles des 27 pays de l'UE pour les affaires de sécurité doivent se rendre à Kinshasa dans la deuxième semaine d'octobre, a indiqué un fonctionnaire européen à l'AFP. Ces diplomates doivent y visiter notamment le quartier général d'Eupol RD Congo et évaluer son travail sur la question des violences sexuelles, a-t-il ajouté.

La délégation européenne se rendra aussi aux sièges de l'Eusec et de la Monusco, la mission des Nations unies au Congo, a-t-il précisé. L'UE a appelé mercredi les autorités congolaises à "redoubler d'efforts" pour protéger les populations civiles des exactions et à mettre fin à l'"impunité" de ceux qui commettent des viols en série.

Plusieurs centaines, sans doute plus de 500, femmes et enfants ont été violés au cours des violences en RDC fin juillet et en août attribuées par l'ONU à des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et à des milices des Maï-Maï.