La Commission européenne a reporté mardi à "au plus tard début octobre" sa recommandation sur la date d'entrée dans l'UE de la Roumanie et de la Bulgarie.

Par ailleurs, la Commission européenne a recommandé mardi à Strasbourg l'entrée de la Slovénie dans la zone euro au 1er janvier 2007, mais a reporté à plus tard celle de la Lituanie. La Commission a jugé que la Slovénie remplissait les cinq critères de convergence économique fixés par le traité de Maastricht, tandis que la Lituanie connaît encore une inflation trop élevée pour être admise dans la zone à monnaie unique. "La Commission fera un rapport sur les progrès que feront la Bulgarie et la Roumanie pour résoudre les problèmes restants au plus tard début octobre. Sur cette base, la Commission étudiera si la date de leur adhésion à l'UE au 1er janvier 2007 peut être maintenue", selon le rapport publié mardi.

Pour être prêts d'ici à la fin de l'année, Sofia et Bucarest devront faire des dans plusieurs domaines, notamment en matière judiciaire, de sécurité alimentaire et de gestion des fonds européns.

Contrairement à ce qu'elle prévoyait encore il y a quelques semaines, la Commission a préféré mardi ne pas encore trancher pour savoir si ces deux pays entreront au 1er janvier 2007 ou au 1er janvier 2008.

La Bulgarie et la Roumanie ont signé en avril 2005 un traité d'adhésion à l'UE qui prévoit leur adhésion au 1er janvier 2007 mais permet aux 25, sur recommandation de Bruxelles, de reporter cette entrée d'un an si les deux pays ne sont "manifestement pas prêts".

"La Bulgarie et la Roumanie pourraient entrer en janvier 2007 à condition qu'elles montrent la résolution, la mentalité et les résultats nécessaires pour s'attaquer aux problèmes qui subsistent", a déclaré le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn devant les eurodéputés à Strasbourg.

Dans cette optique, la Commission a mis en lumière plusieurs domaines "particulièrement préoccupants": six pour la Bulgarie -- notamment la lutte contre la corruption et le crime organisé -- quatre pour la Roumanie, notamment en matière de sécurité alimentaire.

"A moins que les pays ne prennent des actions correctrices immédiates et décisives, ils ne seront pas prêts dans ces domaines à la date prévue d'adhésion" en 2007, a ajouté M. Rehn. Si dans son prochain rapport, la Commission estime que Sofia et Bucarest ont fait suffisamment d'efforts pour éviter le report d'un an, mais que certains problèmes importants persistent, elle pourrait alors décider de recourir à des clauses de sauvegarde.

"Ce rapport précisera tout domaine où des mesures de sauvegarde ou d'autres mesures seraient nécessaires", a indiqué mardi la Commission. Ces clauses, qui peuvent être activées jusqu'à trois ans après l'adhésion, permettraient d'exclure les deux Etats de certaines politiques communautaires dans les domaines où elles ne seraient pas au niveau du reste de l'UE, notamment en matière de justice ou de marché intérieur (agriculture, sécurité alimentaire...).