La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s'est émue jeudi du risque de nouveaux "crimes de guerre" du groupe djihadiste État islamique (EI) après sa prise de la cité antique de Palmyre, en Syrie. "A nouveau, des centaines de personnes ont été tuées, et des milliers risquent d'être exposées à des violences arbitraires, tandis que de nouvelles destructions de sites culturels risquent d'être perpétrées", a relevé Mme Mogherini, citée par un communiqué à Bruxelles.

"Les tueries de masse et la destruction délibérée du patrimoine culturel et archéologique de Syrie et d'Irak par Daech reviennent à des crimes de guerre aux termes du statut de Rome" qui encadre la Cour pénale internationale, a rappelé la diplomate, qui concluait une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens.

"L'UE a pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir le trafic de biens culturels, qui contribue directement au financement de l'EI et d'autres organisations terroristes", s'est-elle prévalu.

L'EI s'est emparée jeudi de la totalité de Palmyre, baptisée la "perle du désert syrien", suscitant des craintes de voir les trésors archéologiques de la cité pillés par les trafiquants et détruits par les jihadistes, comme ce fut le cas dans des cités antiques dans l'Irak voisin.


Les terroristes exécutent 17 personnes après la prise de la cité syrienne de Palmyre

Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont exécuté au moins 17 personnes, dont des civils, à Palmyre, cité antique syrienne dont ils se sont emparés jeudi, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "L'EI a exécuté 17 personnes, des civils et des combattants loyaux au régime. Au moins quatre d'entre elles ont été décapitées", a dit à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

Les civils travaillaient pour le conseil administratif local, et parmi les combattants exécutés se trouvaient au moins un soldat et des membres d'une milice pro-gouvernementale, les Forces de défense nationale, a-t-il ajouté.

Un militant originaire de Palmyre, contacté par l'AFP via Facebook, a affirmé que les djihadistes obligeaient les habitants de cette ville du centre de la Syrie à rester chez eux.

"L'EI fouille les maisons" à la recherche de personnes loyales au régime de Bachar al-Assad et empêche les habitants de sortir, selon le militant qui se fait appeler Mohammad Hassan al-Homsi.

Ce dernier a dit avoir parlé à des proches à Palmyre qui lui ont raconté qu'ils voulaient fuir la ville, mais qu'ils avaient peur, surtout après avoir entendu parler des exécutions. L'électricité y est toujours coupée, selon lui.

Selon l'OSDH, au moins 460 personnes ont été tuées dans la bataille de Palmyre, lancée le 13 mai par l'EI. Parmi les victimes, au moins 49 ont été exécutées par le groupe djihadiste, dont neuf enfants.

En s'emparant de Palmyre, cité antique vieille de plus de 2.000 ans et véritable carrefour routier qui ouvre sur le grand désert syrien frontalier de l'Irak, l'EI se rend désormais maître de la moitié du territoire de Syrie et menace Homs, la troisième ville du pays en guerre.