La montée du populisme en Europe constitue un signal d'alarme pour les gouvernements de la région qui devraient donner la priorité aux réformes, estime Peter Praet, l'économiste en chef de la Banque centrale européenne, dans un entretien à la presse allemande publié mercredi.

"La montée du populisme devrait être un signal d'alarme. Les gouvernements doivent donner la priorité aux décisions politiques difficiles et mener à terme les réformes si nécessaires", déclare M. Praet dans une interview au quotidien économique allemand Börsen-Zeitung.

Ces propos interviennent alors que la Grèce est en proie à une nouvelle crise politique, après l'échec lundi du Parlement grec à élire un nouveau président de la République, qui s'est traduit par une dissolution du Parlement et l'annonce d'élections législatives anticipées.

Le parti anti-austérité Syriza est donné comme favori de ce scrutin, une perspective qui inquiète les créanciers du pays, à savoir l'UE et le FMI, alors que la Grèce négocie actuellement le versement de la dernière tranche d'aide, et qui a fait ressurgir les craintes d'une sortie du pays de la monnaie unique, le fameux "Grexit".

"Les partis populistes dans certains pays promettent des solutions rapides, mais ils n'offrent que des recettes désastreuses", a affirmé M. Praet.

"Tous les pays ont eu leur raison pour entrer dans la zone euro: le vieux système de dévaluation permanente ne fonctionnait pas. Ce qui est désormais requis, c'est de mener les ajustements structurelles nécessaires. Une politique de dévaluation ne résout aucun problème structurel", poursuit le Belge.

"Nous devons aussi résoudre les imperfections institutionnelles au niveau de l'Union européenne. Nous avons une union monétaire avec une banque centrale très forte, mais les autres institutions se sont révélées faibles", a reconnu le banquier central.