En vertu des règles en place, un commissaire européenne qui quitte ses fonctions à Bruxelles continue à toucher durant trois années une "indemnité transitoire" variant de 40 et 65% de son salaire de base, et ce même s'il retrouve immédiatement un autre emploi.

Le salaire de base d'un commissaire européen est actuellement de 19.909 euros mensuels avant impôt, montant auquel s'ajoute une indemnité de résidence ainsi que des indemnités de représentation. "Ce sont les Etats membres qui ont fixé cette durée ainsi que le niveau de salaire", s'est défendue lundi Valérie Rampi, porte-parole de la Commission européenne en charge des questions administratives. "Nous ne faisons qu'appliquer les règles".

Ces indemnités transitoires, qui visent à assurer la "réinsertion professionnelle" des commissaires européens, selon l'exécutif européen, sont versées durant une période de trois années, même si les bénéficiaires décrochent un autre emploi entre-temps.

Ce régime est actuellement d'application pour l' ancien commissaire chypriote Markos Kyprianou, ainsi que son collègue italien Franco Frattini qui, début 2008, ont tous deux volontairement quitté Bruxelles pour devenir ministre des Affaires étrangères dans leur pays respectif.

Le Britannique Peter Mandelson, ancien commissaire européen au Commerce, a lui quitté Bruxelles à l'automne dernier pour le poste de ministre du Commerce de Gordon Brown. Selon les médias britanniques, celui-ci toucherait actuellement quasiment un double salaire grâce à ses "indemnités transitoires" européennes.

Lancée à quelques mois des élections européennes par le think-tank britannique eurosceptique Open Europe, la polémique trouve un écho particulier à l'heure où les généreux "parachutes dorés" accordés aux dirigeants d'entreprises en cette période de crise font débat un peu partout en Europe.

Interrogée à ce sujet lundi, la Commission européenne a toutefois refusé la comparaison entre son régime d'indemnités et les "parachutes dorés".