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"La démocratie en Iran sera faite par les femmes"

Publié le - Mis à jour le

"Je m’attends à ce que la démocratie, en Iran, soit construite par les femmes." Et, en effet, la voilà, en chair et os. Pendant qu’elle parle, on à l’impression de les voir défiler dans les rues de Téhéran, les femmes. On les voit dans ses yeux.

Shirin Ebadi, avocate iranienne prix Nobel pour la Paix en 2003, est à Bruxelles. Elle a rencontré Mme Ashton - Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères.

Il y a un an, Shirin Ebadi est sortie de son pays pour se rendre à un séminaire de trois jours en Espagne : le quatrième jour, son monde avait changé. C’était les lendemains des élections et depuis, elle fait le tour de l’Europe - et du monde, vu qu’elle a rencontré avant tout Ban Ki Moon - " pour faire entendre la voix du peuple iranien" . Elle a toujours été en première ligne, même avant son départ. Son mari a été arrêté et torturé plusieurs fois. Sa sœur aussi. "Mais ce n’est rien par rapport à ce que toute la population iranienne souffre en ce moment."

En Iran, les femmes bougent. Le taux de scolarisation est élevé dans le pays et, pour les femmes, il a augmenté de façon importante dans les années récentes. Les statistiques de tests d’entrée à l’université montrent que le nombre des femmes est supérieur à celui des hommes. Et cela même dans les facultés scientifiques : à vrai dire, mise à part la faculté de maths, il y a toujours plus des femmes que d’hommes. De même, le régime à réduit le rôle des femmes dans le monde du travail, mais ne l’a pas anéanti.

Fateme Faneian, 26 ans, est journaliste et bloggeuse. Elle a quitté le pays après avoir pris part aux manifestations et rouée de coups par la police. Si on lui demande pour quel journal elle a travaillé elle a du mal à s’en souvenir. Pourquoi ? " Parce qu’ils ferment tout de suite, donc on passe de l’un à l’autre . Mais il est un métier passionnant. Et utile. Voilà pourquoi je l’ai choisi. Il y a autant de journalistes femmes que d’hommes en Iran, pas de différence importante." La situation étant devenu trop dangereuse, d’abord elle s’est réfugiée en Turquie; puis en Italie, avec son mari. Malgré son exil, elle continue à écrire, notamment, en arabe, sur son blog.

S. Dr.(st.)

www.ghaaasedak.wordpress.com

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