Un journaliste du Monde a filmé la sortie des spectateurs de la salle de concert. Attention, les images sont particulièrement choquantes.

Daniel Psenny, journaliste pour le journal français "Le Monde", a filmé la sortie des spectateurs de la salle du Bataclan pendant les attentats de ce vendredi à Paris. "J'ai pensé aux attentats du 11-Septembre", raconte-t-il.

Cette vidéo d'une durée d'un peu moins de trois minutes témoigne de la violence de l'attaque.

Attention, ces images sont particulièrement choquantes.


Devant le Bataclan, l'émotion et l'horreur après la "boucherie"

Abasourdis, sans voix. Les quelques Parisiens présents samedi matin aux abords de la salle de concert du Bataclan peinaient à réaliser la violence de l'attentat, qui a tourné au carnage la veille au soir. "C'était sale dedans, une boucherie, des gens avec des balles dans la tête, des gens qui se sont fait tirer dessus alors qu'ils étaient à terre", lâche, aux abords de la salle, un policier qui explique avoir participé à l'intervention dans la nuit. Bilan provisoire au Bataclan: 82 morts. Les quatre assaillants sont morts, trois en se faisant exploser. Le policier, la trentaine, n'est plus en uniforme mais en tenue de sport. "Je suis juste rentré chez moi prendre une douche et rassurer mes enfants", dit-il. "Là je reviens en tant qu'homme, je suis triste et très marqué".


Samedi matin, le quartier demeurait bouclé, selon des journalistes de l'AFP. Seuls admis dans le périmètre, les riverains, accompagnés par un policier. Devant l'entrée du Bataclan, trois camions de police bloquent totalement la vue aux caméras du monde entier. Peggy a les yeux rougis. "Je ne comprends pas", dit cette riveraine, "très choquée", en route pour son travail. "C'est un endroit où les jeunes viennent faire la fête".

"C'est mon quartier depuis 30 ans", lâche Mathilde, 56 ans, elle aussi sous le choc. "Ici, tout le monde se connaît, prend le café ensemble, d'une rue à l'autre". C'est en vélo qu'elle est venue se recueillir près de la salle de spectacle. "On est tous profondément touchés", explique cette mère de trois enfants, dont deux filles habitent rue Saint-Maur et rue Bichat, où une fusillade a fait douze tués.

Au total, les six attaques de vendredi soir à Paris et au stade de France ont fait au moins 120 morts, selon un bilan toujours provisoire.

Mamadou, a passé la nuit dehors à écouter la radio dans ses écouteurs, après avoir appris la nouvelle dans un bar où il regardait le match de football France-Allemagne. "Ca me dégoûte, c'est apocalyptique", dit le jeune homme de 26 ans rencontré boulevard Richard-Lenoir, non loin de la salle de concert. Il en est sûr, "l'Etat islamique" est derrière les attaques. "Ils ont sûrement voulu se venger de la mort de +Jihadi John+", le bourreau britannique de l'EI ciblé jeudi par un bombardement américain, conjecture-t-il.

Des équipes de psychiatres ont été mobilisées pour repérer les personnes en état de choc dans le quartier. "On va essayer de les ramener à la réalité", explique Christophe Debien, psychiatre d'urgence venu de Lille (nord). On essaie de "repérer ceux qui sont susceptibles de développer un symptôme post-traumatique". Un centre médical a été installé à la hâte dans la mairie d'arrondissement voisine.

A 800 mètres de là, en bas de la rue de la Fontaine au roi, théâtre de l'une des attaques, Maximilien, 26 ans, s'est arrêté au milieu de son footing "par curiosité". "Il ne faut pas s'arrêter de vivre", dit-il. "Ne pas changer ses habitudes, même les plus petites. Je ne veux pas accepter que cela ait des conséquences sur mon quotidien".