Le gouvernement grec a décidé de lancer une enquête sur les comptes d'une centaine de sociétés offshore inconnues de ses services fiscaux, dont l'existence a été révélée par une enquête journalistique mondiale, a-t-on appris jeudi auprès du ministère des Finances.

Contacté par l'AFP, le secrétaire général aux recettes publiques du ministère, Haris Théoharis, a confirmé cette information, publiée par le quotidien Ta Néa.

Le journal indique être partenaire du consortium indépendant de journalisme d'investigation ICIJ, basé à Washington, qui a passé au crible des fuites informatiques concernant des dizaines de milliers de sociétés offshore basées dans une série de paradis fiscaux à travers le monde, dont les îles vierges britanniques.

Ta Néa affirme avoir identifié, dans la masse de données publiées par l'ICIJ, 107 sociétés offshore grecques, dont seulement quatre sont enregistrées auprès des autorités fiscales grecques.

Le fait que tant de sociétés "aient selon l'ICIJ, des activités d'affaires échappant aux radars des autorités fiscales nous pose un grand problème", a affirmé M. Théoharis à Ta Néa.

"Nous allons examiner avec beaucoup d'attention ces éléments, et tenter de les exploiter de la meilleure manière possible, si des activités illégales ou des infractions sont constatées", a ajouté ce responsable, récemment nommé pour doter le pays d'un mécanisme de perception fiscale digne de ce nom.

Le ministère des Finances avait récemment annoncé son intention de durcir le contrôle sur les sociétés offshore, qui ont constitué pendant des années un des dispositifs clés de l'évasion fiscale endémique en Grèce.

Un ex-ministre conservateur actuellement dans le collimateur de la justice, Georges Voulgarakis, avait même publiquement justifié son recours à cette ficelle financière en affirmant que "ce qui est légal est moral".