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Pour la première fois depuis qu'elle a échappé à la faillite, la Grèce vote dimanche lors d'élections générales et, sauf surprise, devrait faire chuter son Premier ministre Alexis Tsipras, coupable d'avoir imposé l'austérité à un peuple déjà meurtri par la crise. 

Surgissant dans un pays en plein désespoir après la crise de 2010, le jeune leader de la gauche radicale avait été élu en janvier 2015 avec la promesse d'en finir avec l'austérité. Mais sous la contrainte des créanciers de la Grèce, il avait fait volte-face, forcé d'accepter un plan de sauvetage assorti de mesures sévères, pour empêcher la sortie de la zone euro.

M. Tsipras "a rompu ses promesses et sapé l'espoir parmi ses électeurs", estime l'analyste George Flessas.

Après quatre années de gouvernance du parti de gauche Syriza, les Grecs feront le choix de l'alternance, prédisent unanimement les sondages qui donnent une victoire sans appel au parti conservateur Nouvelle Démocratie.

Selon les dernières enquêtes d'opinion, la formation du leader Kyriakos Mitsotakis devrait ainsi remporter entre 155 à 159 sièges sur les 300 que compte la Vouli, le parlement grec.

Sonné par un échec cinglant aux élections européennes et locales, fin mai et début juin, Alexis Tsipras, dont le mandat s'achevait théoriquement en octobre, a tenté un coup de poker risqué en convoquant lui-même des élections anticipées, espérant inverser la vague de mécontentement.

Alexis Tsipras s'est dit conscient de l'impopularité des mesures drastiques dictées par les créanciers de la Grèce pour empêcher la faillite du pays. "2010-2014 a été catastrophique, un million de nos concitoyens ont perdu leur travail", a-t-il lancé en meeting à Volos.

Mais dans une opération séduction de la dernière chance, il a brandi la baisse du chômage à 18% (qui reste le plus élevé de la zone euro), la hausse du salaire minimum à 650 euros, et d'autres mesures sociales de dernière minute.

"Nous avons créé 400.000 emplois, nous avons augmenté le salaire minimum de 11% et nous avons donné la possibilité à 250.000 travailleurs d'avoir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail grâce au retour des conventions collectives", a-t-il énuméré. "Maintenant décidons de nos vies", proclame le jeune chef du gouvernement, en bras de chemise, sur ses affiches électorales.

De ses 144 sièges dans le parlement sortant, Syriza devrait en conserver entre 80 et 83, selon les instituts de sondage.

Dans un pays alternant traditionnellement entre PASOK et Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, fils d'ancien Premier ministre et frère d'une ex-ministre, promet sur ses affiches de campagne "une croissance forte, une Grèce autonome".

L'élection de ce descendant d'une grande dynastie politique signerait le retour de la "familiocratie" au gouvernement grec, une tradition dénoncée par Alexis Tsipras que lui-même avait interrompue en accédant au pouvoir à l'âge de 40 ans.