Les changements réclamés par le premier ministre David Cameron dans ses négociations avec l'UE ont pour la plupart reçu le soutien jeudi de son homologue hongrois Viktor Orban qui s'est cependant montré réservé sur la question de la réduction des aides sociales pour les citoyens européens.

"Nous soutenons trois des quatre propositions (de la Grande-Bretagne, ndlr)", a déclaré le Premier ministre hongrois lors d'une conférence de presse à Budapest aux côtés de M. Cameron, en soulignant que cette position valait également pour les autres pays dits du groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie, Pologne).

Viktor Orban a qualifié de "favorable" l'accueil du projet britannique par les quatre pays et s'est dit "optimiste" sur la possibilité d'un accord.

La "plus difficile", parmi les conditions posées par M. Cameron pour soutenir un maintien de son pays dans l'UE, concerne la suppression des allocations sociales des citoyens européens pendant leurs quatre premières années de séjour au Royaume-Uni, a toutefois observé Viktor Orban.

Les Européens de l'Est, qui comptent parmi les nombreux migrants originaires de l'Union européenne présents au Royaume-Uni, se sentent particulièrement visés par cette exigence britannique pour contenir l'immigration.

"Nous sommes des citoyens qui appartenons à l'UE (...) et nous ne voulons pas être traités différemment, nous ne voulons pas être des parasites", a averti M. Orban, selon qui quelque 55.000 Hongrois travaillent au Royaume-Uni.

"Pour nous, il est très important de ne pas être considérés comme des migrants, les mots ont leur importance", a souligné Viktor Orban qui mène par ailleurs une politique hostile à l'accueil de migrants et réfugiés du Moyen-Orient en Hongrie, depuis le début de la vague migratoire vers l'Europe.

David Cameron a indiqué que ses quatre propositions "restaient sur la table", même s'il était "ouvert à des solutions alternatives" avant une rencontre européenne à Bruxelles le mois prochain.

"Avec de la bonne volonté et de la créativité, on peut trouver des solutions", a estimé le Premier ministre qui était quelques heures plus tôt en Allemagne dans le cadre de sa campagne pour trouver des alliés en Europe sur les réformes qu'il exige avant le référendum sur le maintien de son pays dans l'UE.

Les autres changements réclamés par le Premier ministre concernent la gouvernance économique de l'UE, plus de compétitivité du marché unique et le maintien du rôle des parlements nationaux.