L'Amérique comptait ses morts jeudi dans un pays tournant toujours au ralenti après les attentats de New York et Washington, dont Oussama ben Laden a été désigné comme le principal suspect par le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

Le président américain George W. Bush a décidé de faire de vendredi "une journée nationale de prières et du souvenir" pour les victimes des attentats. Il se rendra à cette occasion à New York, sur le lieu des attentats.

Le maire de New York Rudolph Giuliani a annoncé que 4.763 personnes étaient portées disparues après l'attaque mardi contre les tours jumelles du World Trade Center. Il a indiqué que 94 corps avaient été récupérés sous les décombres des tours effondrées. Le nombre de blessés dépasse, selon lui, les 2. 000 personnes.

M. Giuliani a admis que le nombre de personnes disparues pourrait au final donner une indication du nombre de morts, car beaucoup de corps ne pourront pas être récupérés.

Plusieurs personnes dont cinq pompiers ont été extraites jeudi vivantes des tonnes de gravats du World Trade Center, renforçant un espoir qui s'amenuisait d'heure en heure.

A Washington, où le Pentagone, siège du ministère de la Défense, a été éventré par un avion-suicide, 70 corps avaient été retirés des décombres jeudi matin et un peu moins de 200 personnes au total ont été tuées, selon un bilan officiel mais provisoire.

L'enquête progresse rapidement.

M. Powell a désigné jeudi le milliardaire d'origine saoudienne ben Laden, réfugié en Afghanistan, comme le principal suspect. "Nous n'avons pas encore identifié publiquement l'organisation qui, selon nous, est responsable mais quand on regarde la liste des candidats, l'un réside dans cette région", a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

M. Powell a précisé que des discussions en cours avec le Pakistan, pays voisin de l'Afghanistan, portaient sur ben Laden.

Au Pakistan, l'un des trois seuls pays à reconnaître le régime des taliban installé à Kaboul, le président Pervez Musharraf a promis à M. Bush l'entière coopération de son pays.

La plupart des pirates de l'air ayant détourné les avions qu'ils ont ensuite écrasés contre le World Trade Center et le Pentagone ont désormais été identifiés. Ils étaient au moins 18, selon l'Attorney General (ministre de la Justice), John Ashcroft, dont six avaient suivi des cours de pilotage en Floride, selon le quotidien Miami Herald.

Quelque 7.000 hommes, dont 4.000 agents de la police fédérale (FBI) ont été lancés sur les traces des terroristes à travers les Etats-Unis et dans plusieurs pays à travers le monde, selon M. Ashcroft.

En Allemagne, la police de Hambourg a interpellé un homme alors qu'elle perquisitionnait des appartements sur la piste de deux suspects d'origine arabe qui auraient vécu à Hambourg jusqu'en février. Une information judiciaire pour "association terroriste" a été ouverte.

La police américaine s'intéresse également à un Franco-Algérien de 31 ans, non identifié, résident en Grande-Bretagne et qui avait pris des leçons de pilotage à Boston (nord-est des Etats-Unis).

Quatre suspects ont été identifié comme étant Mohamed Atta, 33 ans, Abdoulatif el-Omari et deux frères, Wail el-Shehri, 28 ans et Walid el-Shehri, 25 ans, selon le Miami Herald.

La boite noire d'un quatrième avion qui s'était écrasé mardi en Pennsylvanie (est), a été retrouvée jeudi.

Le président américain n'a pas donné de précision sur la riposte envisagée à ce stade par les Etats-Unis, mais a contacté jeudi par téléphone de nouveaux dirigeants étrangers pour continuer à bâtir une vaste coalition internationale contre le terrorisme.

"Nous conduirons le monde à la victoire", a affirmé le président Bush.

Le Pentagone a précisé que Washington entendait mener une campagne militaire antiterroriste visant non seulement les organisations terroristes mais les Etats qui les accueillent, et précisé qu'il entendait utiliser pour cela 20 milliards de dollars supplémentaires réclamés par le président George W. Bush au Congrès.

L'OTAN et la Russie se sont déclarées pour leur part "unies dans leur résolution à ne pas laisser impunis les responsables d'actes aussi inhumains".

Les Etats-Unis tournent toujours au ralenti et des alertes à la bombe à New York ont maintenu la tension sur la ville. En fin de journée, les trois principaux aéroports de la ville ont à nouveau été fermés. Le Congrès américain a lui été évacué après la découverte d'un paquet suspect.

Cependant, le trafic aérien a repris à partir de 15H00 GMT.

La Bourse devait rouvrir lundi et le marché obligataire a repris ses activités jeudi, alors que le secrétaire au Trésor Paul O'Neill affirmait qu'il n'y avait pas de changement dans les prévisions de rebond prochain de l'économie américaine.